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jeudi 12 avril 2018

jeudi 12 avril : "Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main"

Lectures de la messe

Première lecture

« Nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint » (Ac 5, 27-33)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
En ces jours-là,
le commandant du Temple et son escorte,
ayant amené les Apôtres, les présentèrent au Conseil suprême,
et le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit
d’enseigner au nom de celui-là,
et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement.
Vous voulez donc faire retomber sur nous
le sang de cet homme ! »
En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent :
« Il faut obéir à Dieu
plutôt qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus,
que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.
C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé,
en faisant de lui le Prince et le Sauveur,
pour accorder à Israël la conversion
et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela,
avec l’Esprit Saint,
que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Ceux qui les avaient entendus étaient exaspérés
et projetaient de les supprimer.
– Parole du Seigneur.

Psaume

(33 (34), 2.9, 17-18, 19-20)
R/ Un pauvre crie ;
le Seigneur entend.
ou : Alléluia !
(33, 7a)
Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.
Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.


Évangile

« Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main » (Jn 3, 31-36)
Alléluia. Alléluia.
Thomas, parce que tu m’as vu tu crois,
dit le Seigneur.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu.
Alléluia. (Jn 20, 29)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous.
Celui qui est de la terre est terrestre,
et il parle de façon terrestre.
Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,
il témoigne de ce qu’il a vu et entendu,
et personne ne reçoit son témoignage.
Mais celui qui reçoit son témoignage
certifie par là que Dieu est vrai.
En effet, celui que Dieu a envoyé
dit les paroles de Dieu,
car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure.
Le Père aime le Fils
et il a tout remis dans sa main.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ;
celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie,
mais la colère de Dieu demeure sur lui. »
– Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Tout au long de son Evangile, Jean insiste sur le rôle, la force et l'essentialité même de la notion de témoignage et de sa propre mission ("Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Celui-ci vint pour [rendre] témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui." Jn 1,6-7).
Ainsi, dans le passage d'aujourd'hui, Jean, tel un orateur plaidant, énonce et affirme à nouveau avec force les vérités du chemin tracé par Dieu pour l'homme.
"Celui qui vient d'en haut [...] celui qui vient du ciel est au-dessus de tous" car seul Dieu, à-travers la bouche, la Parole - les témoignages - de Jésus, peut affirmer que Jésus est son Fils. Et à son tour, Jésus témoigne pour l'homme des projets de Dieu.
Ainsi, comme nous l'avons déjà évoqué hier, croire au(x) témoignage(s) du Fils c'est se tourner vers Dieu, placer sa foi en lui et accepter sans condition son amour et sa miséricorde. Mais c'est aussi accepter à notre tour, tout comme l'ont accepté les Apôtres et après eux de nombreux autres "témoins" de porter témoignage...

"Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main."


mercredi 11 avril 2018

Mercredi 11 avril : "Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé"

Première lecture

« Les hommes que vous aviez mis en prison, voilà qu’ils se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple ! » (Ac 5, 17-26)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
En ces jours-là,
intervint le grand prêtre, ainsi que tout son entourage,
c’est-à-dire le groupe des sadducéens,
qui étaient remplis d’une ardeur jalouse pour la Loi.
Ils mirent la main sur les Apôtres
et les placèrent publiquement sous bonne garde.
Mais, pendant la nuit, l’ange du Seigneur
ouvrit les portes de la prison et les fit sortir.
Il leur dit :
« Partez, tenez-vous dans le Temple
et là, dites au peuple toutes ces paroles de vie. »
Ils l’écoutèrent ;
dès l’aurore, ils entrèrent dans le Temple,
et là, ils enseignaient.
Alors arriva le grand prêtre, ainsi que son entourage.
Ils convoquèrent le Conseil suprême,
toute l’assemblée des anciens d’Israël,
et ils envoyèrent chercher les Apôtres dans leur cachot.
En arrivant, les gardes ne les trouvèrent pas à la prison.
Ils revinrent donc annoncer :
« Nous avons trouvé le cachot parfaitement verrouillé,
et les gardes en faction devant les portes ;
mais, quand nous avons ouvert,
nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. »
Ayant entendu ce rapport,
le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes,
se demandaient ce qu’il adviendrait de cette affaire.
Là-dessus, quelqu’un vient leur annoncer :
« Les hommes que vous aviez mis en prison,
voilà qu’ils se tiennent dans le Temple
et enseignent le peuple ! »
Alors, le commandant partit avec son escorte
pour les ramener, mais sans violence,
parce qu’ils avaient peur d’être lapidés par le peuple.
– Parole du Seigneur.

Psaume

(33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9)
R/ Un pauvre crie ;
le Seigneur entend.
ou : Alléluia !
(33, 7a)
Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.
Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.
L’ange du Seigneur campe à l’entour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !


Évangile

« Dieu a envoyé son Fils dans le monde, pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 16-21)
Alléluia. Alléluia.
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en Lui aient la vie éternelle.
Alléluia. (Jn 3, 16)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :
« Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;
celui qui ne croit pas est déjà jugé,
du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici :
la lumière est venue dans le monde,
et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,
parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière :
il ne vient pas à la lumière,
de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,
pour qu’il soit manifeste
que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »
– Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Hier nous avons parcouru le début de cet échange entre Jésus et Nicodème, que Jean relate avec toute la profondeur qui le caractérise. Aujourd'hui, à la lecture de ce passage de l'Evangile de Jean, une homélie résonne en moi, qui a été prononcée par le prêtre de ma paroisse lors de l'une des célébrations de la semaine sainte et qui : quel aurait été le prix à payer si nous avions voulu nous-même racheter nos péchés ? Il n'y en a pas, car il est tellement élevé... Mais ce n'est pas pour cela que Dieu a abandonné l'homme à sa condition. "Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique." Nous parlons ici d'un amour sans mesure, qui dépasse tout ce que nous connaissons, qui est ici donné sans contrepartie, pour le salut de l'homme.

Pour que l'homme trouve le salut, il fallait que le mystère s'accomplisse "pour que le monde soit sauvé". Sauvé... et non jugé par Lui, rappelle Jean. Car l'explication est ici limpide : celui qui croit "échappe au jugement", tandis que celui qui ne croit pas sera responsable devant son Jugement, non parce qu'il est plus pécheur, mais parce qu'il ne croit pas en celui que Dieu a envoyé pour nous sauver ("Jésus lui dit : [...] Celui qui m'a vu a vu le Père" Jn 14,9). Ainsi, croire dans le Fils signifie croire en cet amour de Dieu pour sa création et en sa miséricorde. Encore une fois, l'homme reste libre de ses choix et maître de son Jugement.

Hélas, qu'elle est mince la frontière entre les ténèbres et la lumière ! Qu'il est ténu ce fil sur lequel l'homme lutte entre sa volonté de faire le bien et son attirance insidieuse à faire le mal ! Alors "la lumière est venue dans le monde" (Jn 3,19), "La vraie lumière était celle qui, venant dans le monde, éclaire tout homme" (Jn 1,9). Jésus nous éclaire, il nous montre le chemin vers le salut et nous guide par sa Parole et ses enseignements, tel cette lumière qui nous nourrit, nous fortifie, nous fait grandir et que nous ne pouvons que suivre...

"celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu"

mardi 10 avril 2018

Mardi 10 avril : "Il vous faut naître d'en haut"

Première lecture

« Un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32-37)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
La multitude de ceux qui étaient devenus croyants
avait un seul cœur et une seule âme ;
et personne ne disait
que ses biens lui appartenaient en propre,
mais ils avaient tout en commun.
C’est avec une grande puissance
que les Apôtres rendaient témoignage
de la résurrection du Seigneur Jésus,
et une grâce abondante reposait sur eux tous.
Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence,
car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons
les vendaient,
et ils apportaient le montant de la vente
pour le déposer aux pieds des Apôtres ;
puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.
Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph,
surnommé Barnabé par les Apôtres,
ce qui se traduit : « homme du réconfort ».
Il vendit un champ qu’il possédait
et en apporta l’argent
qu’il déposa aux pieds des Apôtres.
– Parole du Seigneur.

Psaume

(92 (93), 1abc, 1d-2, 5)
R/ Le Seigneur est roi ;
il s’est vêtu de magnificence.
ou : Alléluia !
(92, 1ab)
Le Seigneur est roi ;
il s’est vêtu de magnificence,
le Seigneur a revêtu sa force.
Et la terre tient bon, inébranlable ;
dès l’origine ton trône tient bon,
depuis toujours, tu es.
Tes volontés sont vraiment immuables :
la sainteté emplit ta maison,
Seigneur, pour la suite des temps.


Évangile

« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme » (Jn 3, 7b- 15)
Alléluia. Alléluia.
Il faut que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout croyant ait la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 3, 15)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
Jésus disait à Nicodème :
« Il vous faut naître d’en haut.
Le vent souffle où il veut :
tu entends sa voix,
mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va.
Il en est ainsi
pour qui est né du souffle de l’Esprit. »
Nicodème reprit :
« Comment cela peut-il se faire ? »
Jésus lui répondit :
« Tu es un maître qui enseigne Israël
et tu ne connais pas ces choses-là ?
Amen, amen, je te le dis :
nous parlons de ce que nous savons,
nous témoignons de ce que nous avons vu,
et vous ne recevez pas notre témoignage.
Si vous ne croyez pas
lorsque je vous parle des choses de la terre,
comment croirez-vous
quand je vous parlerai des choses du ciel ?
Car nul n’est monté au ciel
sinon celui qui est descendu du ciel,
le Fils de l’homme.
De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit
ait la vie éternelle. »
– Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Aujourd'hui, nous découvrons la rencontre de Jésus avec Nicodème, un pharisien, chef des Juifs, qui vient consulter Jésus de nuit afin de ne pas être compromis. Quelle réponse curieuse pour Nicodème que celle que Jésus lui fait ! Non il ne suffit pas d'être savant comme le pense Nicodème au tout début de ce passage de l'Evangile. "Il vous faut naître d’en haut [...] du souffle de l'Esprit." Pour Nicodème, il est aussi impossible à un homme de "naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le ventre de sa mère et naître ?"

Jésus l'interpelle à nouveau, s'étonnant de sa difficulté à comprendre ce dont il parle alors qu'il enseigne lui-même... Nicodème n'est pas forcément si naïf et ce n'est évidemment pas ce que Jésus a dit ! Mais en transformant et en retournant la question tel que Nicodème le fait, n'est-ce pas un moyen de refuser de croire ? De se dérober à l'évidence ? De nier ce qu'ont annoncé les prophètes ?

Naître d'en haut, c'est accepter la Parole du Christ, car en effet, il est "le seul à venir du ciel", et d'enchaîner avec la référence au serpent de bronze de l'exode, que Moïse a dû élever au-dessus de son peuple et qui sauva tous ceux qui l'ont regardé avec foi.
C'est donc ça qu'affirme Jésus : aucune connaissance humaine ne peut atteindre celle qui est donnée par la Foi, par l'Esprit Saint. "L'Esprit n'est limité par rien ; il parle quand il veut, il dit ce qu'il veut et où il veut. La raison de son départ et de sa venue me reste inconnue, mais j'ai la conviction profonde de sa présence." (Saint-Hilaire / La Trinité)


"ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle."


lundi 9 avril 2018

Lundi 9 avril : Annonciation

Première lecture

« Voici que la vierge concevra » (Is 7, 10-14; 8, 10)
Lecture du livre du prophète Isaïe
En ces jours-là,
    le Seigneur parla ainsi au roi Acaz :
    « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu,
au fond du séjour des morts
ou sur les sommets, là-haut. »
    Acaz répondit :
« Non, je n’en demanderai pas,
je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »
    Isaïe dit alors :
« Écoutez, maison de David !
Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes :
il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu !
    C’est pourquoi le Seigneur lui-même
vous donnera un signe :
Voici que la vierge est enceinte,
elle enfantera un fils,
qu’elle appellera Emmanuel,
    car Dieu est avec nous. »
    – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 39 (40), 7-8a, 8b-9, 10,11)
R/ Me voici, Seigneur,
je viens faire ta volonté.
(cf. Ps 39, 8a.9a)
Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j'ai dit : « Voici, je viens.
« Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j'aime :
ta loi me tient aux entrailles. »
J'annonce la justice
dans la grande assemblée ;
vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
Je n'ai pas enfoui ta justice au fond de mon cœur,
je n'ai pas caché ta fidélité, ton salut ;
j'ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

Deuxième lecture

« Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre » (He 10, 4-10)
Lecture de la lettre aux Hébreux
Frères,
    il est impossible que du sang de taureaux et de boucs
enlève les péchés.
    Aussi, en entrant dans le monde,
le Christ dit :
Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande,
mais tu m’as formé un corps.
            Tu n’as pas agréé les holocaustes
ni les sacrifices pour le péché ;
            alors, j’ai dit : Me voici,
je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté,
ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.

    Le Christ commence donc par dire :
Tu n’as pas voulu ni agréé
les sacrifices et les offrandes,
les holocaustes et les sacrifices pour le péché,

ceux que la Loi prescrit d’offrir.
    Puis il déclare :
Me voici, je suis venu pour faire ta volonté.
Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.
    Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés,
par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps,
une fois pour toutes.
     – Parole du Seigneur.

Évangile

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38)
Alléluia. Alléluia.
Le Verbe s’est fait chair,
il a habité parmi nous
et nous avons vu sa gloire.
Alléluia. Alléluia. (Jn 1, 14ab)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
    l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
    à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
    L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
    À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
    L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
    Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
    Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
    il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
    Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
    L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
    Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
    Car rien n’est impossible à Dieu. »
    Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.
     – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Imaginons-nous un instant témoins de cette scène, imaginons ne jamais avoir lu ou entendu ce passage d'Evangile, comme si nous le découvrions en même temps que Marie : l'ange Gabriel face à Marie "Je te salue, Comblée-de-grâce"... Quel moment ! Marie peut être bouleversée ! Pressent-elle ce qui est sur le point d'arriver, un mystère qui la dépasse et qui pourtant est sur le point de s'accomplir ? Pourtant, rassurée par la première parole de l'ange, elle l'écoute, calmement, lui exposer l'accomplissement des promesses de l'Ancien Testament et les détails de l'avènement du Messie.

Marie n'est pas intimidée, elle questionne même l'ange en lui disant qu'elle "ne connaît pas d'homme". Par sa réponse, l'ange annonce que l'enfant "qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu." Mais il ne s'arrête pas là, il annonce aussi que "car rien n’est impossible à Dieu", Elisabeth, réputée stérile, va elle aussi enfanter. Quelle promesse inouïe là-encore ! L'annonce de la venue au monde de Jésus et de Jean-Baptiste !

Suite à ces annonces, l'ange aurait pu laisser Marie seule face à ses réflexions et les questions qui devaient l'assaillir. Mais non, car une fois encore comme il l'aura toujours fait (y compris un peu plus tard lorsqu'il parlera à Joseph), le Seigneur ne force pas, il laisse le libre choix. Ainsi, Marie va répondre, avec une si touchante simplicité, avec une foi et une confiance totale dans les desseins du Seigneur : "Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole." non dans une attitude de docilité comme le mot servante pourrait le laisser croire, mais comme une acceptation libre et entière...

Alors l'ange la quitta.

Restons un instant seuls avec Marie après le départ de l'ange, dans le secret de son intimité, emplis d'admiration pour celle qui a accepté la tâche que Dieu lui a confiée. Et peut-être pouvons-nous nous inspirer de sa force et de son soutien pour répondre nous aussi aux desseins de notre Seigneur.


... "Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole."...

dimanche 8 avril 2018

Dimanche 8 avril : "La paix soit avec vous !"

Première lecture

« Un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32-35)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
La multitude de ceux qui étaient devenus croyants
avait un seul cœur et une seule âme ;
et personne ne disait
que ses biens lui appartenaient en propre,
mais ils avaient tout en commun.
C’est avec une grande puissance
que les Apôtres rendaient témoignage
de la résurrection du Seigneur Jésus,
et une grâce abondante reposait sur eux tous.
Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence,
car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons
les vendaient,
et ils apportaient le montant de la vente
pour le déposer aux pieds des Apôtres ;
puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.
– Parole du Seigneur.

Psaume

(117 (118), 2-4, 16ab-18, 22-24)
R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
ou : Alléluia !
(117,1)
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !
Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.
Il m’a frappé, le Seigneur, il m’a frappé,
mais sans me livrer à la mort.
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

Deuxième lecture

« Tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde » (1 Jn 5, 1-6)
Lecture de la première lettre de saint Jean
Bien-aimés,
celui qui croit que Jésus est le Christ,
celui-là est né de Dieu ;
celui qui aime le Père qui a engendré
aime aussi le Fils qui est né de lui.
Voici comment nous reconnaissons
que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu
et que nous accomplissons ses commandements.
Car tel est l’amour de Dieu :
garder ses commandements ;
et ses commandements ne sont pas un fardeau,
puisque tout être qui est né de Dieu
est vainqueur du monde.
Or la victoire remportée sur le monde,
c’est notre foi.
Qui donc est vainqueur du monde ?
N’est-ce pas celui qui croit
que Jésus est le Fils de Dieu ?
C’est lui, Jésus Christ,
qui est venu par l’eau et par le sang :
non pas seulement avec l’eau,
mais avec l’eau et avec le sang.
Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit,
car l’Esprit est la vérité.
– Parole du Seigneur.


 Évangile

« Huit jours plus tard, Jésus vient » (Jn 20, 19-31)
Alléluia. Alléluia.
Thomas, parce que tu m’as vu, tu crois,
dit le Seigneur.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu !
Alléluia. (Jn 20, 29)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.
– Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Tout au long de nos lectures pendant cette octave de Pâques, nous avons été confrontés à plusieurs réactions des témoins de la résurrection lors de leur rencontre avec Jésus. Chacun d'entre eux a vécu ces rencontres avec un ressenti, une émotion différents. De Jean qui "vit, et il crut", aux disciples d'Emmaüs qui ont reconnu le Christ à la fraction du pain, toutes les rencontres relatées font état des doutes et de la difficulté à croire en l'impossible.

Une phrase de Tertullien, théologien du 2ème siècle, peut sembler appropriée à l'état d'esprit de ces témoins : "Crucifixus est Dei Filius : non pudet quia pudendum est ; et mortuus est Dei Filius : prorsus credibile est, quia ineptum est ; et sepultus resurrexit : certum est, quia impossibile." : "Le Fils de Dieu a été crucifié : je n’en rougis pas, parce que c’est à rougir. Le Fils de Dieu est mort : il faut le croire, parce que cela révolte ma raison ; enseveli, il a ressuscité : c’est certain, parce que c’est impossible."

Aujourd'hui, ce passage de l'Evangile de Jean Jésus nous rapporte la réaction de Thomas, qui, malgré les témoignages, reste sceptique et demande les preuves de la résurrection. Encore une fois, Jésus vient à la rencontre de Thomas et répond à ses doléances en le laissant le toucher et finalement le reconnaître tout en faisant l'éloge de Jean qui n'eut besoin d'aucune preuve "Parce que tu m’as vu, tu crois."
Etrange écho encore que cette attitude avec nos vies présentes. En effet, si ce passage distingue bien deux hommes et deux attitudes différentes, ne serions-nous pas parfois dans nos vies un peu des deux ? Ne connaît-on pas des moments où nous demandons à nos frères des signes, des preuves de leurs témoignages ?

Ainsi donc, huit jours auparavant, avant de se montrer à Thomas, Jésus était encore une fois venu à la rencontre de ses disciples. Pourquoi ? Pour les envoyer en mission, pour prolonger sa propre mission, celle que le Père lui avait confié : transmettre la bonne nouvelle, réconcilier les hommes entre eux mais aussi avec Dieu... Et il ne le fait pas n'importe comment : "il souffla sur eux" et leur remit l'Esprit Saint, rappelant le geste de la Création "L'Eternel Dieu façonna l'homme avec la poussière de la terre. Il insuffla un souffle de vie dans ses narines et l'homme devint un être vivant." (Ge 2,7).
Nous sommes invités à transmettre notre joie d'être croyant, à partager notre foi, notre ouverture et notre charité.


... "De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie."...