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samedi 30 juin 2018

Samedi 30 juin : "Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob"

Première lecture

« Le cœur du peuple crie vers mon Seigneur, sur la muraille de la fille de Sion » (Lm 2, 2.10-14.18-19)
Lecture du livre des Lamentations

Le Seigneur a englouti sans pitié
tous les pâturages de Jacob ;
dans son emportement, il a détruit les forteresses
de la fille de Juda ;
il a jeté à terre et profané
le royaume et ses princes.
    Les anciens de la fille de Sion,
assis par terre, se taisent,
ils ont couvert leur tête de poussière
et revêtu des toiles à sac ;
elles inclinent la tête vers la terre,
les vierges de Jérusalem.
    Mes yeux sont usés par les larmes,
mes entrailles frémissent ;
je vomis par terre ma bile
face au malheur de la fille de mon peuple,
alors que défaillent petits enfants et nourrissons
sur les places de la cité.
    À leur mère ils demandent :
« Où sont le froment et le vin ? »
alors qu’ils défaillent comme des blessés
sur les places de la ville
et qu’ils rendent l’âme
sur le sein de leur mère.
    Que dire de toi ? À quoi te comparer,
fille de Jérusalem ?
À quoi te rendre égale pour te consoler,
vierge, fille de Sion ?
Car ton malheur est grand comme la mer !
Qui donc te guérira ?
    Tes prophètes ont de toi des visions
vides et sans valeur ;
ils n’ont pas dévoilé ta faute,
ce qui aurait ramené tes captifs ;
ils ont de toi des visions,
proclamations vides et illusoires.
    Le cœur du peuple crie vers le Seigneur.
Laisse couler le torrent de tes larmes,
de jour comme de nuit,
muraille de la fille de Sion ;
ne t’accorde aucun répit,
que tes pleurs ne tarissent pas !
    Lève-toi ! Pousse un cri dans la nuit
au début de chaque veille ;
déverse ton cœur comme l’eau
devant la face du Seigneur ;
élève les mains vers lui
pour la vie de tes petits enfants
qui défaillent de faim
à tous les coins de rue.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 73 (74), 1-2abd, 3-4, 5-7, 20-21)
R/ N’oublie pas sans fin
la vie de tes pauvres.
(Ps 73, 19b)
Pourquoi, Dieu, nous rejeter sans fin ?
Pourquoi cette colère sur les brebis de ton troupeau ?
Rappelle-toi la communauté que tu acquis dès l’origine,
la montagne de Sion où tu fis ta demeure.
Dirige tes pas vers ces ruines sans fin,
l’ennemi dans le sanctuaire a tout saccagé ;
dans le lieu de tes assemblées, l’adversaire a rugi
et là, il a planté ses insignes.
On les a vus brandir la cognée, comme en pleine forêt,
quand ils brisaient les portails à coups de masse et de hache.
Ils ont livré au feu ton sanctuaire,
profané et rasé la demeure de ton nom.
Regarde vers l’Alliance : la guerre est partout ;
on se cache dans les cavernes du pays.
Que l’opprimé échappe à la honte,
que le pauvre et le malheureux chantent ton nom !

Évangile

« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob » (Mt 8, 5-17)
Alléluia. Alléluia.
Le Christ a pris nos souffrances,
il a porté nos maladies.
Alléluia. (Mt 8, 17)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    comme Jésus était entré à Capharnaüm,
un centurion s’approcha de lui et le supplia :
    « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé,
et il souffre terriblement. »
    Jésus lui dit :
« Je vais aller moi-même le guérir. »
    Le centurion reprit :
« Seigneur, je ne suis pas digne
que tu entres sous mon toit,
mais dis seulement une parole
et mon serviteur sera guéri.
    Moi-même qui suis soumis à une autorité,
j’ai des soldats sous mes ordres ;
à l’un, je dis : “Va”, et il va ;
à un autre : “Viens”, et il vient,
et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »
    À ces mots, Jésus fut dans l’admiration
et dit à ceux qui le suivaient :
« Amen, je vous le déclare,
chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
    Aussi je vous le dis :
Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident
et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob
au festin du royaume des Cieux,
    mais les fils du Royaume seront jetés
dans les ténèbres du dehors ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
    Et Jésus dit au centurion :
« Rentre chez toi,
que tout se passe pour toi selon ta foi. »
Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
    Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison,
il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
    Il lui toucha la main,
et la fièvre la quitta.
Elle se leva,
et elle le servait.
    Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés.
D’une parole, il expulsa les esprits
et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit,
    pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Il a pris nos souffrances,
il a porté nos maladies.


            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion




vendredi 29 juin 2018

Vendredi 29 juin : "Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux"

Première lecture

« Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur m’a arraché aux mains d’Hérode » (Ac 12, 1-11)
Lecture du livre des Actes des Apôtres

À cette époque,
le roi Hérode Agrippa
se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal.
Il supprima Jacques, frère de Jean,
en le faisant décapiter.
Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs,
il décida aussi d’arrêter Pierre.
C’était les jours des Pains sans levain.
Il le fit appréhender, emprisonner,
et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ;
il voulait le faire comparaître devant le peuple
après la Pâque.
Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison,
l’Église priait Dieu pour lui avec insistance.
Hérode allait le faire comparaître.
Or, Pierre dormait, cette nuit-là,
entre deux soldats ;
il était attaché avec deux chaînes
et des gardes étaient en faction
devant la porte de la prison.
Et voici que survint l’ange du Seigneur,
et une lumière brilla dans la cellule.
Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit :
« Lève-toi vite. »
Les chaînes lui tombèrent des mains.
Alors l’ange lui dit :
« Mets ta ceinture et chausse tes sandales. »
Ce que fit Pierre.
L’ange ajouta : « Enveloppe-toi
de ton manteau et suis-moi.»
Pierre sortit derrière lui,
mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange
était bien réel ;
il pensait qu’il avait une vision.
Passant devant un premier poste de garde,
puis devant un second,
ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville.
Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux.
Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue,
et aussitôt l’ange le quitta.
Alors, se reprenant, Pierre dit :
« Vraiment, je me rends compte maintenant
que le Seigneur a envoyé son ange,
et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode
et à tout ce qu’attendait le peuple juif. »

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9)
R/ De toutes mes frayeurs,
le Seigneur me délivre.
(cf. 33, 5)
Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.
Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.
L’ange du Seigneur campe alentour,
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !

Deuxième lecture

« Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice » (2 Tm 4, 6-8.17-18)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Bien-aimé,
je suis déjà offert en sacrifice,
le moment de mon départ est venu.
J’ai mené le bon combat,
j’ai achevé ma course,
j’ai gardé la foi.
Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice :
le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là,
et non seulement à moi,
mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour
sa Manifestation glorieuse.
Tous m’ont abandonné.
Le Seigneur, lui, m’a assisté.
Il m’a rempli de force
pour que, par moi,
la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout
et que toutes les nations l’entendent.
J’ai été arraché à la gueule du lion ;
le Seigneur m’arrachera encore
à tout ce qu’on fait pour me nuire.
Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste.
À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

– Parole du Seigneur.


Évangile

« Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-19)
Alléluia. Alléluia.
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Alléluia. (Mt 16, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

«Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant!»

Mgr. Pere TENA i Garriga - Evêque Auxiliare Emérite de Barcelone
(Barcelona, Espagne) (source evangeli.net)
Aujourd'hui, est un jour consacré par le martyre des saints Apôtres Pierre et Paul! «Pierre, celui que fut le premier à confesser la foi»; «Paul, celui qui l'a mise en lumière» (Préface). Aujourd'hui est un jour de gratitude pour la foi catholique, qui est aussi la nôtre, proclamée par la prédication de ces deux piliers de l'Église. Cette foi qui a vaincu le monde, parce qu'elle croit et annonce que Jésus est le Fils de Dieu: «Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant!» (Mt 16,16). Les autres fêtes des apôtres saint Pierre et saint Paul envisagent d'autres aspects, mais aujourd'hui nous contemplons ce qui nous permet de les appeler les «premiers annonciateurs de la foi» (Collecte): par leur martyre ils confirmèrent leur témoignage.

Leur foi, leur force dans la souffrance et le martyre, no provenaient pas de leurs aptitudes personnelles. Ni la chair ni le sang n'ont révélé à Pierre qui était Jésus, mais le Père qui est aux cieux (cf. Mt 16,17). De même, la découverte de Jésus comme Seigneur par “celui qui le persécutait”, fût pour Saul, vraiment l'ouvre de la grâce de Dieu. Dans les deux cas, la liberté humaine que demande l'acte de foi s'appui sur l'action de l'Esprit.

La foi des Apôtres est la foi de l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. Depuis la confession de Pierre à Césarée-de-Philippe, «chaque jour, dans toute l'Église, c'est Pierre qui dit: ‘Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant’» (Saint Léon le Grand). Depuis ce moment jusqu'à nos jours, une foule de chrétiens de tout âge, de toute culture, de toute époque et de tout ce qui fait des différences parmi les hommes, proclame à l'unanimité la même foi victorieuse.

Par le baptême et la confirmation nous sommes placés sur la voie difficile du témoignage, c'est-à-dire, sur celle du martyre. Il faut donc que désormais nous soyons attentifs au “laboratoire de la foi” que l'Esprit-Saint mène à terme en nous (Jean Paul II), en même temps que nous prions humblement pour pouvoir exprimer la joie de la foi de l'Église.

Mgr. Pere TENA i Garriga - Evêque Auxiliare Emérite de Barcelone
(Barcelona, Espagne)


jeudi 28 juin 2018

Jeudi 28 juin : "La maison construite sur le roc et la maison construite sur le sable"

Première lecture

« Le roi Jékonias et tous les soldats furent déportés à Babylone par le roi Nabucodonosor » (2 R 24, 8-17)
Lecture du deuxième livre des Rois

Jékonias avait dix-huit ans lorsqu’il devint roi,
et il régna trois mois à Jérusalem.
Sa mère s’appelait Nehoushta, fille d’Elnatane ;
elle était de Jérusalem.
    Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur,
tout comme avait fait son père.
    En ce temps-là, les troupes de Nabucodonosor, roi de Babylone,
montèrent contre Jérusalem, et la ville fut assiégée.
    Le roi de Babylone vint en personne attaquer la ville
que son armée assiégeait.
    Alors, Jékonias, roi de Juda,
avec sa mère, ses serviteurs, ses officiers et ses dignitaires,
se rendit au roi de Babylone, qui les fit prisonniers.
C’était en la huitième année du règne de Nabucodonosor.
    Celui-ci emporta tous les trésors de la maison du Seigneur
avec ceux de la maison du roi.
Il brisa tous les objets en or
que Salomon, roi d’Israël, avait fait faire pour le Temple.
Tout cela, le Seigneur l’avait annoncé.
    Nabucodonosor déporta tout Jérusalem,
tous les officiers et tous les vaillants guerriers,
soit dix mille hommes,
sans compter tous les artisans et forgerons :
on ne laissa sur place que la population la plus pauvre.
    Le roi Jékonias fut déporté à Babylone
avec la reine mère, les épouses royales,
les dignitaires, l’élite du pays :
tous partirent en exil de Jérusalem à Babylone.
    Tous les soldats, au nombre de sept mille,
les artisans et les forgerons au nombre de mille,
tous ceux qui pouvaient combattre,
furent déportés à Babylone par le roi Nabucodonosor.
    Celui-ci fit roi, à la place de Jékonias, son oncle Mattanya,
dont il changea le nom en celui de Sédécias.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 78 (79), 1, 2, 3, 4-5, 8, 9)
R/ Pour la gloire de ton nom,
Seigneur, délivre-nous !
(Cf. Ps 78, 9bc)
Dieu, les païens ont envahi ton domaine ;
ils ont souillé ton temple sacré
et mis Jérusalem en ruines.
Ils ont livré les cadavres de tes serviteurs
en pâture aux rapaces du ciel
et la chair de tes fidèles, aux bêtes de la terre.
Ils ont versé le sang comme l’eau
aux alentours de Jérusalem :
les morts restaient sans sépulture.
Nous sommes la risée des voisins,
    la fable et le jouet de l’entourage.
Combien de temps, Seigneur, durera ta colère
et brûlera le feu de ta jalousie ?
Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres :
que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force !
Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
    pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom !

 

 

Évangile

La maison construite sur le roc et la maison construite sur le sable (Mt 7, 21-29)
Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !”
qu’on entrera dans le royaume des Cieux,
mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
    Ce jour-là, beaucoup me diront :
“Seigneur, Seigneur,
n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé,
en ton nom que nous avons expulsé les démons,
en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?”
     Alors je leur déclarerai :
“Je ne vous ai jamais connus.
Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
     Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là
et les met en pratique
est comparable à un homme prévoyant
qui a construit sa maison sur le roc.
    La pluie est tombée, les torrents ont dévalé,
les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ;
la maison ne s’est pas écroulée,
car elle était fondée sur le roc.
    Et celui qui entend de moi ces paroles
sans les mettre en pratique
est comparable à un homme insensé
qui a construit sa maison sur le sable.
    La pluie est tombée, les torrents ont dévalé,
les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ;
la maison s’est écroulée,
et son écroulement a été complet. »
    Lorsque Jésus eut terminé ce discours,
les foules restèrent frappées de son enseignement,
    car il les enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme leurs scribes.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Aujourd'hui, Jésus nous invite à réfléchir sur notre façon de vivre notre foi. Plus encore, comme une mise en garde, il attire notre attention sur le fait que les paroles ne suffisent pas si elles ne sont pas suivies d'actes. Il ne suffit pas d'accomplir des miracles en son nom, mais bien de suivre sa Parole, ses enseignements, et de les mettre en application dans notre quotidien.

Et pour nous guider sur cette voie, Jésus nous livre la parabole de la maison construite sur le roc et celle construite sur le sable. Le message est clair : nous devons ancrer notre foi sur le roc en nous appuyant sur la Parole qu'il nous a transmise à-travers les Evangiles. Ainsi, nous pourrons associer la paroles aux actes et vivre selon la volonté de Dieu. Saint-Pierre n'a-t-il pas dit à Jésus : "Toi-seul a les paroles de la vie éternelle" ?


" la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc "

mercredi 27 juin 2018

Mercredi 27 juin : "C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez"

Première lecture

« Le roi lut devant eux toutes les paroles du livre de l’Alliance retrouvé dans la maison du Seigneur et il conclut l’Alliance en présence du Seigneur » (2 R 22, 8-13 ; 23, 1-3)
Lecture du deuxième livre des Rois

En ces jours-là,
    le grand prêtre Helcias dit au secrétaire Shafane :
« J’ai trouvé le livre de la Loi
dans la maison du Seigneur. »
Et Helcias donna le livre à Shafane.
Celui-ci le lut.
    Puis, le secrétaire Shafane alla chez le roi Josias
et lui rendit compte de ce qui s’était passé.
Il déclara :
« L’argent trouvé dans la Maison,
tes serviteurs l’ont versé et remis
entre les mains des maîtres d’œuvre,
préposés à la maison du Seigneur. »
    Alors Shafane, le secrétaire, annonça au roi :
« Le prêtre Helcias m’a donné un livre. »
Et Shafane fit au roi la lecture de ce livre.
    Après avoir entendu les paroles du livre de la Loi,
le roi déchira ses vêtements.
    Il donna cet ordre au prêtre Helcias,
à son secrétaire et à ses serviteurs :
    « Allez consulter le Seigneur
pour moi, pour le peuple et pour tout Juda
au sujet des paroles de ce livre qu’on vient de retrouver.
La fureur du Seigneur est grande :
elle s’est enflammée contre nous
parce que nos pères n’ont pas obéi aux paroles de ce livre
et n’ont pas pratiqué tout ce qui s’y trouve. »
    Le roi fit convoquer auprès de lui
tous les anciens de Juda et de Jérusalem.
    Il monta à la maison du Seigneur avec tous les gens de Juda,
tous les habitants de Jérusalem,
les prêtres et les prophètes,
et tout le peuple, du plus petit au plus grand.
Il lut devant eux toutes les paroles du livre de l’Alliance
retrouvé dans la maison du Seigneur.
    Debout sur l’estrade,
le roi conclut l’Alliance en présence du Seigneur.
Il s’engageait à suivre le Seigneur
en observant ses commandements, ses édits et ses décrets,
de tout son cœur et de toute son âme,
accomplissant ainsi les paroles de l’Alliance
inscrites dans ce livre.
Et tout le peuple s’engagea dans l’Alliance.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 118 (119), 33-34, 35-36, 37.40)
R/ Enseigne-moi, Seigneur,
le chemin de tes ordres.
(Ps 118, 33a)
Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ;
à les garder, j’aurai ma récompense.
Montre-moi comment garder ta loi,
que je l’observe de tout cœur.
Guide-moi sur la voie de tes volontés,
là, je me plais.
Incline mon cœur vers tes exigences,
non pas vers le profit.
Détourne mes yeux des idoles :
que tes chemins me fassent vivre.
Vois, j’ai désiré tes préceptes :
par ta justice fais-moi vivre.

Évangile

« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7, 15-20)
Alléluia. Alléluia.
Demeurez en moi, comme moi en vous, dit le Seigneur ;
celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
Alléluia. (Jn 15, 4a.5b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Méfiez-vous des faux prophètes
qui viennent à vous déguisés en brebis,
alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces.
    C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Va-t-on cueillir du raisin sur des épines,
ou des figues sur des chardons ?
    C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits,
et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais.
    Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais,
ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits.
    Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits
est coupé et jeté au feu.
    Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Pape François (Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium / La Joie de l’Évangile » § 169, 171)

Dans une civilisation paradoxalement blessée par l’anonymat et, en même temps, obsédée par les détails de la vie des autres, malade de curiosité morbide, l’Église a besoin d’un regard de proximité pour contempler, s’émouvoir et s’arrêter devant l’autre chaque fois que cela est nécessaire. En ce monde, les ministres ordonnés et les autres agents pastoraux peuvent rendre présent le parfum de la présence proche de Jésus et son regard personnel. L’Église devra initier ses membres — prêtres, personnes consacrées et laïcs — à cet « art de l’accompagnement », pour que tous apprennent toujours à ôter leurs sandales devant la terre sacrée de l’autre (Ex 3,5). Nous devons donner à notre chemin le rythme salutaire de la proximité, avec un regard respectueux et plein de compassion mais qui en même temps guérit, libère et encourage à mûrir dans la vie chrétienne…

Plus que jamais, nous avons besoin d’hommes et de femmes qui, à partir de leur expérience d’accompagnement, connaissent la manière de procéder, où ressortent la prudence, la capacité de compréhension, l’art d’attendre, la docilité à l’Esprit, pour protéger tous ensemble les brebis qui se confient à nous des loups qui tentent de disperser le troupeau. Nous avons besoin de nous exercer à l’art de l’écoute, qui est plus que le fait d’entendre. Dans la communication avec l’autre, la première chose est la capacité du cœur qui rend possible la proximité, sans laquelle il n’existe pas une véritable rencontre spirituelle. L’écoute nous aide à découvrir le geste et la parole opportune qui nous secouent de la tranquille condition de spectateurs. C’est seulement à partir de cette écoute respectueuse et capable de compatir qu’on peut trouver les chemins pour une croissance authentique, qu’on peut réveiller le désir de l’idéal chrétien, l’impatience de répondre pleinement à l’amour de Dieu et la soif de développer le meilleur de ce que Dieu a semé dans sa propre vie.


" Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais " †

mardi 26 juin 2018

Mardi 26 juin : "Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux"

Première lecture

« Je protégerai cette ville, je la sauverai à cause de moi-même et à cause de David » (2 R 19, 9b-11.14-21.31-35a.36)
Lecture du deuxième livre des Rois

En ces jours-là,
    Sennakérib, roi d’Assour, envoya des messagers dire à Ézékias :
    « Vous parlerez à Ézékias, roi de Juda, en ces termes :
Ne te laisse pas tromper par ton Dieu,
en qui tu mets ta confiance,
et ne dis pas :
“Jérusalem ne sera pas livrée
aux mains du roi d’Assour !”
     Tu sais bien ce que les rois d’Assour
ont fait à tous les pays :
ils les ont voués à l’anathème.
Et toi seul, tu serais délivré ? »
    Ézékias prit la lettre de la main des messagers ;
il la lut.
Puis il monta à la maison du Seigneur,
déplia la lettre devant le Seigneur,
    et, devant lui, pria en disant :
« Seigneur, Dieu d’Israël, toi qui sièges sur les Kéroubim,
tu es le seul Dieu de tous les royaumes de la terre,
c’est toi qui as fait le ciel et la terre.
    Prête l’oreille, Seigneur, et entends,
ouvre les yeux, Seigneur, et vois !
Écoute le message envoyé par Sennakérib
pour insulter le Dieu vivant.
    Il est vrai, Seigneur, que les rois d’Assour
ont ravagé les nations et leur territoire,
    et brûlé leurs dieux :
en réalité, ce n’étaient pas des dieux,
mais un ouvrage de mains d’hommes,
fait avec du bois et de la pierre ;
c’est pourquoi ils ont pu les faire disparaître.
    Maintenant, je t’en supplie, Seigneur notre Dieu,
sauve-nous de la main de Sennakérib,
et tous les royaumes de la terre
sauront que tu es, Seigneur, le seul Dieu ! »
    Alors le prophète Isaïe, fils d’Amots, envoya dire à Ézékias :
« Ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël :
J’ai entendu la prière que tu m’as adressée
au sujet de Sennakérib, roi d’Assour.
    Voici la parole que le Seigneur a prononcée contre lui :
Elle te méprise, elle te nargue,
la vierge, la fille de Sion.
Elle hoche la tête pour se moquer de toi,
la fille de Jérusalem.
    Oui, un reste sortira de Jérusalem,
et des survivants, de la montagne de Sion.
Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur !
    Et voici ce que dit le Seigneur au sujet du roi d’Assour :
Il n’entrera pas dans cette ville,
il ne lui lancera pas une seule flèche,
il ne lui opposera pas un seul bouclier,
il n’élèvera pas un seul remblai :
    il retournera par le chemin
par lequel il est venu.
Non, il n’entrera pas dans cette ville,
– oracle du Seigneur.
    Je protégerai cette ville, je la sauverai
à cause de moi-même
et à cause de David mon serviteur. »
    La nuit même, l’ange du Seigneur sortit
et frappa 185 000 hommes dans le camp assyrien.
Le matin, quand on se leva, ce n’était que des cadavres.
    Sennakérib, roi d’Assour, plia bagage et s’en alla.
Il revint à Ninive et y demeura.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 47 (48), 2-3ab, 3cd-4, 10.11cd)
R/ La ville du Seigneur,
Dieu l’affermira pour toujours.
(cf. Ps 47, 9)
Il est grand, le Seigneur, hautement loué,
dans la ville de notre Dieu,
sa sainte montagne, altière et belle,
joie de toute la terre.
La montagne de Sion, c’est le pôle du monde,
la cité du grand roi ;
Dieu se révèle, en ses palais,
vraie citadelle.
Dieu, nous revivons ton amour
au milieu de ton temple.
Ta main droite qui donne la victoire
réjouit la montagne de Sion.

Évangile

« Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux » (Mt 7, 6.12-14)
Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ;
ne jetez pas vos perles aux pourceaux,
de peur qu’ils ne les piétinent,
puis se retournent pour vous déchirer.
    Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.
    Entrez par la porte étroite.
Elle est grande, la porte,
il est large, le chemin
qui conduit à la perdition ;
et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
    Mais elle est étroite, la porte,
il est resserré, le chemin
qui conduit à la vie ;
et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Saint Jean-Paul II (1920-2005). Discours à Paris le 30 mai 1980 (DC 1788 du 15/6/80)

   Je suis venu vous encourager dans la voie de l'Évangile, une voie étroite certes, mais la voie royale, sûre, éprouvée par des générations de chrétiens, enseignée par les saints... C'est la voie sur laquelle, tout comme vous, vos frères dans l'Église universelle s'efforcent de cheminer. Cette voie ne passe pas par la résignation, par les renoncements ou par les abandons. Elle ne se résout pas à l'affadissement du sens moral, et elle souhaiterait que la loi civile elle-même aide à élever l'homme. Elle ne cherche pas à s'enterrer, à demeurer inaperçue, mais elle requiert au contraire l'audace joyeuse des apôtres. Elle bannit donc la pusillanimité, tout en se montrant parfaitement respectueuse à l'égard de ceux qui ne partagent pas le même idéal...

   « Reconnais, ô chrétien, ta dignité ! » disait le grand pape St Léon. Et moi, son indigne successeur, je vous dis à vous, mes frères et mes sœurs : Reconnaissez votre dignité ! Soyez fiers de votre foi, du don de l'Esprit que le Père vous a fait. Je viens parmi vous comme un pauvre, avec la seule richesse de la foi, pèlerin de l'Évangile. Donnez à l'Église et au monde l'exemple de votre fidélité sans faille et de votre zèle missionnaire. Ma visite chez vous veut être...un appel à un élan nouveau devant les tâches nombreuses qui s'offrent à vous.

" il est resserré, le chemin qui conduit à la vie "


lundi 25 juin 2018

Lundi 25 juin : "Enlève d’abord la poutre de ton œil"

Première lecture

« Le Seigneur a écarté les tribus d’Israël loin de sa face. Il n’est resté que la seule tribu de Juda » (2 R 17, 5-8.13-15a.18)
Lecture du deuxième livre des Rois

En ces jours-là,
    Salmanasar, roi d’Assour, lança des attaques
à travers tout le pays d’Israël,
et monta contre Samarie,
qu’il assiégea pendant trois ans.
    La neuvième année du règne d’Osée,
il s’empara de Samarie
et déporta les gens d’Israël au pays d’Assour.
    Cela arriva
parce que les fils d’Israël avaient péché contre le Seigneur leur Dieu,
lui qui les avait fait monter du pays d’Égypte
et les avait arrachés au pouvoir de Pharaon, roi d’Égypte.
Ils avaient adoré d’autres dieux
    et suivi les coutumes des nations
que le Seigneur avait dépossédées devant eux.
Voilà ce qu’avaient fait les rois d’Israël.
    Or, le Seigneur avait donné cet avertissement
à Israël et à Juda,
par l’intermédiaire de tous les prophètes et de tous les voyants :
« Détournez-vous de votre conduite mauvaise.
Observez mes commandements et mes décrets,
selon toute la Loi que j’ai prescrite à vos pères
et que je leur ai fait parvenir
par l’intermédiaire de mes serviteurs les prophètes. »
    Mais ils n’ont pas obéi et ils ont raidi leur nuque
comme l’avaient fait leurs pères,
qui n’avaient pas fait confiance au Seigneur leur Dieu.
    Ils ont méprisé ses lois,
ainsi que l’Alliance qu’il avait conclue avec leurs pères
et les avertissements qu’il leur avait donnés.
    Alors le Seigneur s’est mis dans une grande colère
contre les tribus d’Israël
et les a écartées loin de sa face.
Il n’est resté que la seule tribu de Juda.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 59, 3-4, 5-6, 13-14)
R/ Sauve-nous par ta droite,
Seigneur, réponds-nous !
(Ps 59, 7)
Dieu, tu nous as rejetés, brisés ;
tu étais en colère, reviens-nous !
Tu as secoué, disloqué le pays ;
répare ses brèches : il s’effondre.
Tu mets à dure épreuve ton peuple,
tu nous fais boire un vin de vertige.
Tu as donné un étendard à tes fidèles,
était-ce pour qu’ils fuient devant l’arc ?
Porte-nous secours dans l’épreuve :
néant, le salut qui vient des hommes !
Avec Dieu nous ferons des prouesses,
et lui piétinera nos oppresseurs !

Évangile

« Enlève d’abord la poutre de ton œil » (Mt 7, 1-5)
Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Ne jugez pas,
pour ne pas être jugés ;
    de la manière dont vous jugez,
vous serez jugés ;
de la mesure dont vous mesurez,
on vous mesurera.
    Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ;
et la poutre qui est dans ton œil,
tu ne la remarques pas ?
    Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère :
“Laisse-moi enlever la paille de ton œil”,
alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?
    Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ;
alors tu verras clair
pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650), moine au Mont Sinaï
L'Échelle sainte, 10ème degré (trad. Bellefontaine 1978, coll. SO 24, p. 138 rev.)
 
« Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère ? »
 
      J'ai entendu certains parler en mal de leur prochain, et je les ai repris. Pour se défendre, ces ouvriers du mal ont répliqué : « C'est par charité et par sollicitude que nous parlons ainsi ! » Mais je leur ai répondu : Cessez de pratiquer une pareille charité, sinon vous accuseriez de mensonge celui qui dit : « Qui dénigre en secret son prochain, celui-là je le repousse » (Ps 100,5). Si tu l'aimes, comme tu le dis, prie en secret pour lui, et ne te moque pas de cet homme. C'est cette manière d'aimer qui plaît au Seigneur ; ne perds pas cela de vue, et tu veilleras très soigneusement à ne pas juger les pécheurs. Judas était du nombre des apôtres et le larron faisait partie des malfaiteurs, mais quel changement étonnant en un instant ! .

      Réponds donc à celui qui te dit du mal de son prochain : « Arrête, frère ! Je tombe moi-même chaque jour dans des fautes plus graves ; dès lors, comment pourrais-je condamner celui-ci ? » Tu obtiendras ainsi un double profit : tu te guériras toi-même et tu guériras ton prochain. Ne pas juger est un raccourci qui conduit au pardon des péchés si cette parole est vraie : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés »... Certains ont commis de grandes fautes à la vue de tous, mais ils ont accompli en secret de plus grands actes de vertu. Ainsi leurs détracteurs se sont-ils trompés en ne s'attachant qu'à la fumée sans voir le soleil.

       
" de la manière dont vous jugez, vous serez jugés "

dimanche 24 juin 2018

Hopen

Si vous êtes un habitué de JeCrois Radio, vous les avez sûrement déjà entendus sur nos ondes.

Fondé en 2014, Hopen est un groupe de quatre frères, devenu incontournable sur la scène chrétienne francophone. Suite à l’appel du Pape François à « mettre leurs talents au service de l’Evangile », les quatre frères enchainent tournées nationales et albums. En 3 ans, le groupe a donné plus de 150 concerts à travers toute la France et vendu plus de 20 000 albums.

Hopen, c'est une énergie communicative, une production originale, de la pop dynamique au service de l'Evangile. Le nom du groupe - Hopen, mélange de Hope, l'espoir, et de Open, l'ouverture - est un signe de cette vraie volonté des 4 frères de répondre à cet appel du Pape en témoignant de leur joie d'être aimé par Dieu.


Le groupe est actuellement en passe de produire son 2ème album en autoproduction, plus d'info sur leur projet ici : https://fr.ulule.com/hopen-nouvel-album/

Et pour les découvrir, c'est ci-dessous, enjoy !


Dimanche 24 juin, Nativité de Saint Jean Baptiste : "Son nom est Jean"

Première lecture

« Je fais de toi la lumière des nations » (Is 49, 1-6)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Écoutez-moi,
îles lointaines !
Peuples éloignés, soyez attentifs !
J’étais encore dans le sein maternel
quand le Seigneur m’a appelé ;
j’étais encore dans les entrailles de ma mère
quand il a prononcé mon nom.
Il a fait de ma bouche une épée tranchante,
il m’a protégé par l’ombre de sa main ;
il a fait de moi une flèche acérée,
il m’a caché dans son carquois.
Il m’a dit :
« Tu es mon serviteur, Israël,
en toi je manifesterai ma splendeur. »
Et moi, je disais :
« Je me suis fatigué pour rien,
c’est pour le néant, c’est en pure perte
que j’ai usé mes forces. »
Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur,
ma récompense, auprès de mon Dieu.
Maintenant le Seigneur parle,
lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère
pour que je sois son serviteur,
que je lui ramène Jacob,
que je lui rassemble Israël.
Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur,
c’est mon Dieu qui est ma force.
Et il dit :
« C’est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob,
ramener les rescapés d’Israël :
je fais de toi la lumière des nations,
pour que mon salut parvienne
jusqu’aux extrémités de la terre. »
– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 138 (139), 1-2.3b, 13-14ab, 14c-15ab)
R/ Je te rends grâce, ô mon Dieu,
pour tant de merveilles.
(cf. Ps 138, 14)
Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées,
tous mes chemins te sont familiers.
C’est toi qui as créé mes reins,
qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige,
l’être étonnant que je suis.
Étonnantes sont tes œuvres,
toute mon âme le sait.
Mes os n’étaient pas cachés pour toi
quand j’étais façonné dans le secret.

Deuxième lecture

« Jean le Baptiste a préparé l’avènement de Jésus » (Ac 13, 22-26)
Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
dans la synagogue d’Antioche de Pisidie,
Paul disait aux Juifs :
« Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi,
et il lui a rendu ce témoignage :
J’ai trouvé David, fils de Jessé ;
c’est un homme selon mon cœur
qui réalisera toutes mes volontés.

De la descendance de David,
Dieu, selon la promesse,
a fait sortir un sauveur pour Israël :
c’est Jésus,
dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement
en proclamant avant lui un baptême de conversion
pour tout le peuple d’Israël.
Au moment d’achever sa course,
Jean disait :
“Ce que vous pensez que je suis,
je ne le suis pas.
Mais le voici qui vient après moi,
et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.”
Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham
et ceux parmi vous qui craignent Dieu,
c’est à nous que la parole du salut a été envoyée. »
– Parole du Seigneur.

 Évangile

« Son nom est Jean » (Lc 1, 57-66.80)
Alléluia. Alléluia.
Toi, petit enfant,
tu seras appelé prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, en présence du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins.
Alléluia. (Lc 1, 76)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant.
Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
Mais sa mère prit la parole et déclara :
« Non, il s’appellera Jean. »
On lui dit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l’appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Jean est son nom. »
Et tout le monde en fut étonné.
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage
et, dans toute la région montagneuse de Judée,
on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient
les conservaient dans leur cœur et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.
L’enfant grandissait
et son esprit se fortifiait.
Il alla vivre au désert
jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon pour la naissance de Jean Baptiste ; Mai 109 ; PLS II, 497 (trad. Quéré in L'Année en fêtes, Migne 2000, p. 507 rev.)
 
« Il faut qu'il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3,30)
 
    La naissance de Jean et celle de Jésus, puis leurs Passions, ont marqué leur différence. Car Jean naît lorsque le jour commence à diminuer ; le Christ, lorsque le jour se met à croître. La diminution du jour pour l'un est le symbole de sa mort violente. Son accroissement pour l'autre, l'exaltation de la croix.

    Il y a aussi un sens secret que le Seigneur révèle...par rapport à ce mot de Jean sur Jésus Christ : « Il faut qu'il croisse et que moi je diminue ». Toute la justice humaine...avait été consommée en Jean ; de lui la Vérité disait : « Parmi les enfants des femmes, il n'en est point surgi de plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11,11). Nul homme, donc, n'aurait pu le dépasser ; mais il n'était qu'un homme. Or, en notre grâce chrétienne, on nous demande de ne pas nous glorifier dans l'homme, mais « si quelqu'un se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur » (2Co 10,17) : homme, en son Dieu ; serviteur, en son maître. C'est pour cette raison que Jean s'écrie : « Il faut qu'il croisse et que moi je diminue. » Bien sûr Dieu n'est ni diminué ni augmenté en soi, mais chez les hommes, au fur et à mesure que progresse la vraie ferveur, la grâce divine croît et la puissance humaine diminue, jusqu'à ce que parvienne à son achèvement la demeure de Dieu, qui est en tous les membres du Christ, et où toute tyrannie, toute autorité, toute puissance sont mortes, et où Dieu est tout en tous (Col 3,11).
"Que sera donc cet enfant ?"

samedi 23 juin 2018

Samedi 23 juin : "Ne vous faites pas de souci pour demain"

Première lecture

« Zacharie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel » (2 Ch 24, 17-25)
Lecture du deuxième livre des Chroniques

Après la mort de Joad,
les princes de Juda vinrent se prosterner devant le roi Joas,
et alors le roi les écouta.
    Les gens abandonnèrent
la maison du Seigneur, Dieu de leurs pères,
pour servir les poteaux sacrés et les idoles.
À cause de cette infidélité,
la colère de Dieu s’abattit sur Juda et sur Jérusalem.
    Pour les ramener à lui, Dieu envoya chez eux des prophètes.
Ceux-ci transmirent le message,
mais personne ne les écouta.
    Dieu revêtit de son esprit
Zacharie, le fils du prêtre Joad.
Zacharie se présenta devant le peuple et lui dit :
« Ainsi parle Dieu :
Pourquoi transgressez-vous
les commandements du Seigneur ?
Cela fera votre malheur :
puisque vous avez abandonné le Seigneur,
le Seigneur vous abandonne. »
    Ils s’ameutèrent alors contre lui
et, par commandement du roi, le lapidèrent
sur le parvis de la maison du Seigneur.
    Le roi Joas, en faisant mourir Zacharie, fils de Joad,
oubliait la fidélité que Joad lui avait témoignée.
Zacharie s’était écrié en mourant :
« Que le Seigneur le voie, et qu’il fasse justice ! »
    Or, à la fin de l’année, l’armée d’Aram monta contre le roi Joas
et arriva en Juda et à Jérusalem.
Ses hommes massacrèrent tous les princes du peuple
et envoyèrent tout le butin au roi de Damas.
    L’armée d’Aram ne comptait qu’un petit nombre d’hommes,
et pourtant le Seigneur leur livra une armée très importante,
parce que les gens de Juda avaient abandonné le Seigneur,
Dieu de leurs pères ;
et Joas reçut le châtiment qu’il méritait.
    Lorsque les Araméens partirent,
le laissant dans de grandes souffrances,
ses serviteurs complotèrent contre lui
parce qu’il avait répandu le sang du fils du prêtre Joad,
et ils le tuèrent sur son lit.
Il mourut, et on l’ensevelit dans la Cité de David,
mais non pas dans les tombeaux des rois.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 88 (89), 4-5, 29-30, 31-32, 33-34)
R/ Sans fin, je lui garderai mon amour. (ps 88, 29a)
« Avec mon élu, j’ai fait une alliance,
j’ai juré à David, mon serviteur :
J’établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges. »
« Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle ;
je fonderai sa dynastie pour toujours,
son trône aussi durable que les cieux.
« Si ses fils abandonnent ma loi
et ne suivent pas mes volontés,
s’ils osent violer mes préceptes
et ne gardent pas mes commandements.
« Je punirai leur faute en les frappant.
et je châtierai leur révolte,
mais sans lui retirer mon amour,
ni démentir ma fidélité. »


Évangile

« Ne vous faites pas de souci pour demain » (Mt 6, 24-34)
Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Nul ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.
    C’est pourquoi je vous dis :
Ne vous souciez pas,
pour votre vie, de ce que vous mangerez,
ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez.
La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
et le corps plus que les vêtements ?
    Regardez les oiseaux du ciel :
ils ne font ni semailles ni moisson,
ils n’amassent pas dans des greniers,
et votre Père céleste les nourrit.
Vous-mêmes, ne valez-vous pas
beaucoup plus qu’eux ?
    Qui d’entre vous, en se faisant du souci,
peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
    Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ?
Observez comment poussent les lis des champs :
ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
    Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire,
n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.
    Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs,
qui est là aujourd’hui,
et qui demain sera jetée au feu,
ne fera-t-il pas bien davantage pour vous,
hommes de peu de foi ?
    Ne vous faites donc pas tant de souci ;
ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?”
ou bien : “Qu’allons-nous boire ?”
ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”
     Tout cela, les païens le recherchent.
Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
    Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice,
et tout cela vous sera donné par surcroît.
    Ne vous faites pas de souci pour demain :
demain aura souci de lui-même ;
à chaque jour suffit sa peine. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion


Père Jacques PHILIPPE (Cordes sur Ciel, France) (source : evangeli.net)

Aujourd'hui, l'Évangile parle clairement de vivre le "moment présent" : ne pas ressasser le passé mais s'abandonner à Dieu et à sa miséricorde. Ne pas se tourmenter pour le lendemain, mais le confier à la providence. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus affirmait : "La seule chose qui me guide c'est l'abandon, je n'ai pas d'autre boussole !".

Le fait de se préoccuper n'a jamais résolu aucun problème. Ce qui résout les problèmes c'est la confiance, la foi. Jésus dit "Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ?".

La vie en soi n'est pas si compliquée, c'est l'homme qui manque de foi… L'existence n'est pas toujours facile. Parfois elle nous pèse ; souvent nous nous sentons blessés et scandalisés par ce qui arrive dans notre vie ou celle des autres. Mais affrontons tout cela avec de la foi et essayons de vivre, jour après jour, dans la confiance que Dieu remplira ses promesses. La foi nous conduira au salut.

"Ne vous souciez pas du lendemain : le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine" (Mt 6,34). Qu'est-ce que cela signifie ? Aujourd'hui, tâche de vivre de manière juste, selon la logique du Royaume, dans la confiance, la simplicité, la recherche de Dieu, l'abandon. Et Dieu s'occupera du reste…

Jour après jour. C'est très important. Ce qui nous épuise souvent ce sont tous ces retours sur le passé et la peur de l'avenir ; alors que lorsque nous vivons dans le moment présent, d'une manière mystérieuse, nous trouvons la force. Ce que je dois vivre aujourd'hui, je le vis avec la grâce. Si demain je dois faire face à des situations plus difficiles, Dieu m'accordera plus de grâce. La grâce de Dieu est donnée à l'instant, jour après jour. Vivre le moment présent suppose accepter la faiblesse : renoncer à refaire le passé et à contrôler l'avenir, se contenter du présent.

Père Jacques PHILIPPE
(Cordes sur Ciel, France)


" ne fera-t-il pas bien davantage pour vous "

vendredi 22 juin 2018

Vendredi 22 juin : "Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur"

Première lecture

« On donna l’onction à Joas et on l’acclama en criant : “Vive le roi !” » (2 R 11, 1-4.9-18.20)
Lecture du deuxième livre des Rois

En ces jours-là,
    lorsque Athalie, mère d’Ocozias,
apprit que son fils était mort,
elle entreprit de faire périr toute la descendance royale.
    Mais Josabeth, fille du roi Joram et sœur d’Ocozias,
prit Joas, un des fils du roi Ocozias,
pour le soustraire au massacre.
Elle le cacha, lui et sa nourrice,
dans une chambre de la maison du Seigneur,
pour le dissimuler aux regards d’Athalie ;
c’est ainsi qu’il évita la mort.
    Il demeura avec Josabeth pendant six ans,
caché dans la maison du Seigneur,
tandis qu’Athalie régnait sur le pays.
    Au bout de sept ans,
le prêtre Joad envoya chercher
les officiers des mercenaires et des gardes,
et les fit venir près de lui dans la maison du Seigneur.
Il conclut une alliance avec eux,
leur fit prêter serment dans la maison du Seigneur,
et leur montra le fils du roi.
    Les officiers exécutèrent tous les ordres du prêtre Joad.
Chacun prit ses hommes,
ceux qui entraient en service le jour du sabbat,
et ceux qui en sortaient ce jour-là,
et tous rejoignirent le prêtre Joad.
    Celui-ci leur remit les lances et les carquois du roi David,
qui étaient conservés dans la maison du Seigneur.
    Les gardes se postèrent, les armes à la main, devant l’autel,
du côté sud et du côté nord de la Maison,
afin d’entourer le futur roi.
    Alors Joad fit avancer le fils du roi,
lui remit le diadème et la charte de l’Alliance,
et on le fit roi.
On lui donna l’onction,
on l’acclama en battant des mains et en criant :
« Vive le roi ! »
    Athalie entendit cette clameur des gardes et du peuple,
et elle accourut vers le peuple à la maison du Seigneur.
    Et voilà ce qu’elle vit :
le roi debout sur l’estrade, selon le rituel ;
auprès de lui les officiers et les trompettes,
et tout le peuple du pays criant sa joie
tandis que les trompettes sonnaient.
Alors, elle déchira ses vêtements et s’écria :
« Trahison ! Trahison ! »
    Le prêtre Joad donna cet ordre aux officiers :
« Faites-la sortir de la Maison, à travers vos rangs.
Si quelqu’un veut la suivre, frappez-le par l’épée. »
En effet, le prêtre Joad avait interdit
de la mettre à mort dans la maison du Seigneur.
    On mit la main sur elle,
et elle arriva au palais par la porte des Chevaux.
C’est là qu’elle fut mise à mort.
    Joad conclut une alliance
entre le Seigneur, le roi et le peuple,
pour que le peuple soit le peuple du Seigneur ;
il conclut l’alliance entre le roi et le peuple.
    Alors, tous les gens du pays entrèrent dans le temple de Baal
et le démolirent.
Ils mirent en pièces ses autels et ses statues
et, devant les autels, ils tuèrent Matane, prêtre de Baal.
Le prêtre Joad posta ensuite des gardes
devant la maison du Seigneur.
    Tous les gens du pays étaient dans la joie,
et la ville retrouva le calme.
Quant à Athalie,
on l’avait mise à mort par l’épée dans la maison du roi.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 131 (132), 11, 12, 13-14, 17-18)
R/ Le Seigneur a fait choix de Sion ;
elle est le séjour qu’il désire.
(Ps 131, 13)
Le Seigneur l’a juré à David,
et jamais il ne reprendra sa parole :
« C’est un homme issu de toi
que je placerai sur ton trône.
« Si tes fils gardent mon alliance,
les volontés que je leur fais connaître,
leurs fils, eux aussi, à tout jamais,
siégeront sur le trône dressé pour toi. »
Car le Seigneur a fait choix de Sion ;
elle est le séjour qu’il désire :
« Voilà mon repos à tout jamais,
c’est le séjour que j’avais désiré.
« Là, je ferai germer la force de David ;
pour mon messie, j’ai allumé une lampe.
Je vêtirai ses ennemis de honte,
mais, sur lui, la couronne fleurira. »

 

 

Évangile

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 19-23)
Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Ne vous faites pas de trésors sur la terre,
là où les mites et les vers les dévorent,
où les voleurs percent les murs pour voler.
    Mais faites-vous des trésors dans le ciel,
là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent,
pas de voleurs qui percent les murs pour voler.
    Car là où est ton trésor,
là aussi sera ton cœur.
    La lampe du corps, c’est l’œil.
Donc, si ton œil est limpide,
ton corps tout entier sera dans la lumière ;
    mais si ton œil est mauvais,
ton corps tout entier sera dans les ténèbres.
Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres,
comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Je souhaite vous partager aujourd'hui le commentaire de l'Abbé Lluís RAVENTÓS i Artés (source evangeli.net)

"Aujourd'hui, le Seigneur nous dit que «la lampe du corps, c'est l'œil» (Mt 6,22). Saint-Thomas interprète qu'en parlant de l'œil, Jésus se réfère à l'intention de l'homme. Lorsque son intention est droite, lucide, dirigée vers Dieu, toutes nos actions sont brillantes et resplendissante; par contre lorsque l'intention n'est pas droite, «qu'elles ténèbres y aura-t-il!» (cf. Mt 6, 23).

Notre intention peut manquer de droiture par malice, par méchanceté, mais normalement c'est par manque de sagesse. Nous vivons comme si nous étions venu au monde pour accumuler les richesses et nous ne pensons à rien d'autre. Gagner de l'argent, acheter, jeter, avoir. Nous voulons susciter l'admiration des autres, ou peut-être l'envie. Nous trompons, souffrons, nous nous chargeons de préoccupations et de déceptions et nous ne trouvons pas le bonheur que nous cherchons. Jésus nous fait cette offre: «Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler» (Mt 6, 20). Le ciel est le grenier des bonnes actions qui constituent un trésor pour toujours.

Soyons sincères avec nous-mêmes, en quoi employons-nous nos efforts, qu'est-ce qui nous motive? Certainement, le propre d'un bon chrétien est d'étudier et de travailler honnêtement pour se faire une place dans ce monde, pour élever dignement la famille, assurer le futur des siens et la tranquillité de sa vieillesse, travailler aussi pour aider les autres… Oui, tout ceci est propre d'un bon chrétien. Mais si ce que tu cherches est d'avoir chaque fois plus, plaçant ainsi le cœur dans ces richesse, oubliant les bonnes actions, oubliant que nous sommes de passage en ce monde, que notre vie est une ombre qui passe, n'est-il pas vrai alors que nous avons l'œil plongé dans les ténèbres? Et si le sens commun s'embrouille «quelles ténèbres y aura-t-il!» (Mt 6, 23)."
 Abbé Lluís RAVENTÓS i Artés
(Tarragona, Espagne)

" si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière "


jeudi 21 juin 2018

Jeudi 21 juin : "Vous donc, priez ainsi"

Première lecture

« Quand Élie fut enveloppé dans le tourbillon, Élisée fut rempli de son esprit » (Si 48, 1-14)
Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Le prophète Élie surgit comme un feu,
sa parole brûlait comme une torche.
    Il fit venir la famine sur Israël,
et, dans son ardeur, les réduisit à un petit nombre.
    Par la parole du Seigneur, il retint les eaux du ciel,
et à trois reprises il en fit descendre le feu.
    Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges !
Qui pourrait se glorifier d’être ton égal ?
    Toi qui as réveillé un mort
et, par la parole du Très-Haut, l’as fait revenir du séjour des morts ;
    toi qui as précipité des rois vers leur perte,
et jeté à bas de leur lit de glorieux personnages ;
    toi qui as entendu au Sinaï des reproches,
au mont Horeb des décrets de châtiment ;
    toi qui as donné l’onction à des rois pour exercer la vengeance,
et à des prophètes pour prendre ta succession ;
    toi qui fus enlevé dans un tourbillon de feu
par un char aux coursiers de feu ;
    toi qui fus préparé pour la fin des temps,
ainsi qu’il est écrit,
afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate,
afin de ramener le cœur des pères vers les fils
et de rétablir les tribus de Jacob…
    heureux ceux qui te verront,
heureux ceux qui, dans l’amour, se seront endormis ;
nous aussi, nous posséderons la vraie vie.
    Quand Élie fut enveloppé dans le tourbillon,
Élisée fut rempli de son esprit,
et pendant toute sa vie aucun prince ne l’a intimidé,
personne n’a pu le faire fléchir.
    Rien ne lui résista,
et, jusque dans la tombe,
son corps manifesta son pouvoir de prophète.
    Pendant sa vie, il a fait des prodiges ;
après sa mort, des œuvres merveilleuses.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 96 (97), 1-2, 3-4, 5-6, 7.10ab)
R/ Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ! (Ps 96, 12a)
Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Ténèbre et nuée l’entourent,
justice et droit sont l’appui de son trône.
Devant lui s’avance un feu
qui consume alentour ses ennemis.
Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
la terre le vit et s’affola.
Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.
Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.
Honte aux serviteurs d’idoles qui se vantent de vanités !
À genoux devant lui, tous les dieux !
Haïssez le mal, vous qui aimez le Seigneur,
car il garde la vie de ses fidèles.

 

 

Évangile

« Vous donc, priez ainsi » (Mt 6, 7-15)
Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
    Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin,
avant même que vous l’ayez demandé.
    Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
    que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
    Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
    Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
    Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
    Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
    Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion


Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église
Commentaire de l’Évangile selon Saint Luc, ch. VII (Études franciscaines, 2008, pp.26-28, trad. d'André Ménard, rev.)
Invoquer le nom du Père
 
      Jésus dit à ses Apôtres : « Lorsque vous priez, dites : Père ». C'est-à-dire, premièrement invoquez le Père ; dites, non seulement avec la voix , mais aussi avec le cœur, de peur qu'il ne soit dit de vous comme en Isaïe : « Ce peuple m'honore des lèvres mais leur cœur est loin de moi » (Is 29,13). Dites non seulement avec le cœur mais aussi avec la bouche car la prière vocale est reçue par Dieu selon le psaume : « je glorifierai le Seigneur de toute la puissance de ma voix » (Ps 108, 30). Et cela, parce qu'elle vaut à la fois pour réveiller la mémoire, exciter la somnolence, enflammer le désir, disposer à l'obéissance, exprimer la joie, et donner l'exemple.

      Invoquons donc le nom du Père. Il est Père, en effet, en raison de la condition de nature selon Éphésiens : « De qui toute paternité tire son nom au ciel et sur terre » (Ep 3,15). D'où, en Malachie : « Est-ce que nous n'avons pas tous un Père unique ? » (Ml 2,10) . Il est Père, aussi, en raison de la donation de la grâce ; en Romains : « Vous avez tous reçu l'esprit d'adoption des fils dans lequel nous crions : Abba, Père » (Rm 8,15) ; et en Galates : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l'esprit de son Fils criant : Abba, Père » (Ga 4,6). Il est Père, aussi, en raison de la réalisation de la gloire, selon Jérémie : « tu m'appelleras Père, et tu ne cesseras pas de marcher avec moi » (Cf. Jr 3,19).

      Puisque donc, dans le nom du Père, Dieu est saisi comme fondateur de la nature, donneur de la grâce et réalisateur de la gloire, par là-même, il est donné de saisir qu'il est celui à qui seul nous devons demander.

" votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. "

mercredi 20 juin 2018

Mercredi 20 juin : "Ton Père qui voit dans le secret te le rendra"

Première lecture

« Un char de feu les sépara. Alors, Élie monta au ciel » (2 R 2, 1.6-14)
Lecture du deuxième livre des Rois

Voici comment le Seigneur enleva Élie au ciel dans un ouragan.
Ce jour-là, Élie et Élisée étaient partis de Guilgal.
    Arrivés à Jéricho, Élie dit à Élisée :
« Arrête-toi ici ;
et moi, le Seigneur m’envoie au Jourdain. »
Mais Élisée répliqua :
« Par le Seigneur qui est vivant,
et par ta vie,
je ne te quitterai pas. »
Ils continuèrent donc tous les deux.
    Cinquante frères-prophètes, qui les avaient suivis,
s’arrêtèrent à distance,
pendant que tous deux se tenaient au bord du Jourdain.
    Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux,
qui s’écartèrent de part et d’autre.
Ils traversèrent tous deux à pied sec.
    Pendant qu’ils passaient, Élie dit à Élisée :
« Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi
avant d’être enlevé loin de toi. »
Élisée répondit :
« Que je reçoive une double part
de l’esprit que tu as reçu ! »
    Élie reprit :
« Tu demandes quelque chose de difficile :
tu l’obtiendras
si tu me vois lorsque je serai enlevé loin de toi.
Sinon, tu ne l’obtiendras pas. »
    Ils étaient en train de marcher tout en parlant
lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara.
Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan.
    Élisée le vit et se mit à crier :
« Mon père !…Mon père !…
Char d’Israël et ses cavaliers ! »
Puis il cessa de le voir.
Il saisit ses vêtements et les déchira en deux.
    Il ramassa le manteau qu’Élie avait laissé tomber,
il revint et s’arrêta sur la rive du Jourdain.
    Avec le manteau d’Élie, il frappa les eaux,
mais elles ne s’écartèrent pas.
Élisée dit alors :
« Où est donc le Seigneur, le Dieu d’Élie ? »
Il frappa encore une fois,
les eaux s’écartèrent,
et il traversa.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 30 (31), 20, 21, 24)
R/ Soyez forts, prenez courage,
vous tous qui espérez le Seigneur !
(Ps 30, 25)
Qu’ils sont grands, tes bienfaits !
Tu les réserves à ceux qui te craignent.
Tu combles, à la face du monde,
ceux qui ont en toi leur refuge.
Tu les caches au plus secret de ta face,
loin des intrigues des hommes.
Tu leur réserves un lieu sûr,
loin des langues méchantes.
Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles :
le Seigneur veille sur les siens ;
mais il rétribue avec rigueur
qui se montre arrogant.


Évangile

« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6, 1-6.16-18)
Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Ce que vous faites pour devenir des justes,
évitez de l’accomplir devant les hommes
pour vous faire remarquer.
Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.
    Ainsi, quand tu fais l’aumône,
ne fais pas sonner la trompette devant toi,
comme les hypocrites qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
    Mais toi, quand tu fais l’aumône,
que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
    afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.
    Et quand vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites :
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et aux carrefours
pour bien se montrer aux hommes quand ils prient.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
    Mais toi, quand tu pries,
retire-toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.
    Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites :
ils prennent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
    Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
    ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;
ton Père qui voit au plus secret
te le rendra. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Aujourd'hui, je souhaite partager le commentaire de Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église (Explication du Sermon sur la montagne, 3, 11 (trad. coll. Pères dans la foi, n°5, p. 94 rev.))
« Prie ton Père dans le secret »
 
      Jésus dit : « Quand tu pries, entre dans ta chambre ». Quelle est cette chambre sinon le cœur, comme l'indique le psaume où il est écrit : « Ce que vous dites dans votre cœur, regrettez-le dans votre chambre » (Ps 4,5 Vulg). Et, dit-il, « après avoir fermé la porte, prie ton Père dans le secret ». Il ne suffit pas d'entrer dans sa chambre, si la porte reste ouverte aux gens indiscrets : les futilités du dehors s'introduisent furtivement par cette porte et envahissent l'intérieur. Les faits passagers et tangibles pénètrent par la porte, dans nos pensées ; c'est-à-dire une foule de vains fantasmes entre par nos sens et troublent notre prière. Il faut donc fermer la porte, ce qui veut dire résister aux sens, afin qu'une prière toute spirituelle monte jusqu'au Père, jaillie du creux de notre cœur où nous prions le Père dans le secret. « Et votre Père, qui voit dans le secret, te le revaudra »…

      Le Seigneur n'a pas l'intention de nous recommander de prier mais de nous apprendre comment prier. De même plus haut il ne nous recommandait pas l'aumône, mais l'esprit dans lequel il faut faire l'aumône. Il exige la pureté du cœur que l'on peut obtenir seulement par une intention unique et simple, orientée sur la vie éternelle par un amour de la sagesse unique et pur.

" ton Père qui voit au plus secret te le rendra "

mardi 19 juin 2018

Mardi 19 juin : "Aimez vos ennemis"

Première lecture

« Tu as fait pécher Israël » (1 R 21, 17-29)
Lecture du premier livre des Rois

Après la mort de Naboth,
    la parole du Seigneur fut adressée au prophète Élie de Tishbé :
    « Lève-toi, va trouver Acab,
qui règne sur Israël à Samarie.
Il est en ce moment dans la vigne de Naboth,
où il s’est rendu pour en prendre possession.
    Tu lui diras :
“Ainsi parle le Seigneur :
Tu as commis un meurtre,
et maintenant tu prends possession.
C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur :
À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Naboth,
les chiens laperont ton sang à toi aussi.” »
    Acab dit à Élie :
« Tu m’as donc retrouvé, toi, mon ennemi ! »
Élie répondit :
« Oui, je t’ai retrouvé.
Puisque tu t’es déshonoré
en faisant ce qui est mal aux yeux du Seigneur,
    je vais faire venir sur toi le malheur :
je supprimerai ta descendance,
j’exterminerai tous les mâles de ta maison,
esclaves ou hommes libres en Israël.
    Je ferai à ta maison ce que j’ai fait à celle de Jéroboam, fils de Nebath,
et à celle de Baasa, fils d’Ahias, tes prédécesseurs,
car tu as provoqué ma colère et fait pécher Israël.
    Et le Seigneur a encore cette parole contre Jézabel :
“Les chiens dévoreront Jézabel
sous les murs de la ville de Yizréel !”
     Celui de la maison d’Acab qui mourra dans la ville
sera dévoré par les chiens ;
celui qui mourra dans la campagne
sera dévoré par les oiseaux du ciel. »
    On n’a jamais vu personne se déshonorer comme Acab
en faisant comme lui ce qui est mal aux yeux du Seigneur,
sous l’influence de sa femme Jézabel.
    Il s’est conduit d’une manière abominable
en s’attachant aux idoles, comme faisaient les Amorites
que le Seigneur avait chassés devant les Israélites.
    Quand Acab entendit les paroles prononcées par Élie,
il déchira ses habits,
se couvrit le corps d’une toile à sac – un vêtement de pénitence – ;
et il jeûnait, il gardait la toile à sac pour dormir,
et il marchait lentement.
    Alors la parole du Seigneur fut adressée à Élie :
    « Tu vois comment Acab s’est humilié devant moi !
Puisqu’il s’est humilié devant moi,
je ne ferai pas venir le malheur de son vivant ;
c’est sous le règne de son fils
que je ferai venir le malheur sur sa maison. »

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 50 (51), 3-4, 5-6ab, 11.16)
R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché ! (Cf. Ps 50,3)
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.


 Évangile

« Aimez vos ennemis » (Mt 5, 43-48)
Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
    Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
    afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
    En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
    Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
    Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion


Aujourd'hui, je souhaite partager le commentaire de Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l'Église Sur Matthieu, IV, 27 (trad. SC 254, p. 149 rev.)
« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait »
 
      « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi... » La Loi, en effet, exigeait l'amour du prochain et laissait la liberté de haïr l'ennemi. La foi prescrit d'aimer ses ennemis. Par le sentiment universel de la charité elle brise les mouvements de violence qui sont dans l'esprit de l'homme, non seulement en empêchant la colère de se venger, mais encore en l'apaisant jusqu'à nous faire aimer celui qui a tort. Aimer ceux qui vous aiment appartient aux païens, et tout le monde a de l'affection pour ceux qui nous en donnent. Le Christ nous appelle donc à vivre en enfants de Dieu, et à imiter Celui qui, par l'avènement de son Christ, accorde aux bons comme aux coupables le soleil et la pluie dans les sacrements du baptême et de l'Esprit. Ainsi il nous forme à la vie parfaite par ce lien d'une bonté envers tous, en nous appelant à imiter un Père dans le ciel qui est parfait. »


" vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait "

lundi 18 juin 2018

Lundi 18 juin : "Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant"

Première lecture

« Naboth a été lapidé et il est mort » (1 R 21, 1-16)
Lecture du premier livre des Rois

En ce temps-là,
    Naboth, de la ville de Yizréel, possédait une vigne
à côté du palais d’Acab, roi de Samarie.
    Acab dit un jour à Naboth :
« Cède-moi ta vigne ;
elle me servira de jardin potager,
car elle est juste à côté de ma maison ;
je te donnerai en échange une vigne meilleure,
ou, si tu préfères,
je te donnerai l’argent qu’elle vaut. »
    Naboth répondit à Acab :
« Que le Seigneur me préserve
de te céder l’héritage de mes pères ! »
    Acab retourna chez lui sombre et irrité,
parce que Naboth lui avait dit :
« Je ne te céderai pas l’héritage de mes pères. »
Il se coucha sur son lit, tourna son visage vers le mur,
et refusa de manger.
    Sa femme Jézabel vint lui dire :
« Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ?
Pourquoi ne veux-tu pas manger ? »
    Il répondit :
« J’ai parlé à Naboth de Yizréel.
Je lui ai dit :
“Cède-moi ta vigne pour de l’argent,
ou, si tu préfères,
pour une autre vigne en échange.”
Mais il a répondu :
“Je ne te céderai pas ma vigne !” »
     Alors sa femme Jézabel lui dit :
« Est-ce que tu es le roi d’Israël, oui ou non ?
Lève-toi, mange, et retrouve ta bonne humeur :
moi, je vais te donner la vigne de Naboth. »
    Elle écrivit des lettres au nom d’Acab,
elle les scella du sceau royal,
et elle les adressa aux anciens et aux notables
de la ville où habitait Naboth.
    Elle avait écrit dans ces lettres :
« Proclamez un jeûne,
faites comparaître Naboth devant le peuple.
    Placez en face de lui deux vauriens,
qui témoigneront contre lui :
“Tu as maudit Dieu et le roi !”
Ensuite, faites-le sortir de la ville,
lapidez-le, et qu’il meure ! »
    Les anciens et les notables qui habitaient la ville de Naboth
firent ce que Jézabel avait ordonné dans ses lettres.
    Ils proclamèrent un jeûne
et firent comparaître Naboth devant le peuple.
    Alors arrivèrent les deux individus
qui se placèrent en face de lui
et portèrent contre lui ce témoignage :
« Naboth a maudit Dieu et le roi. »
On fit sortir Naboth de la ville,
on le lapida, et il mourut.
    Puis on envoya dire à Jézabel :
« Naboth a été lapidé et il est mort. »
    Lorsque Jézabel en fut informée, elle dit à Acab :
« Va, prends possession de la vigne de ce Naboth
qui a refusé de la céder pour de l’argent,
car il n’y a plus de Naboth : il est mort. »
    Quand Acab apprit que Naboth était mort,
il se rendit à la vigne de Naboth
et en prit possession.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 5, 2-3, 5-6ab, 6c-7)
R/ Comprends ma plainte, Seigneur. (Ps 5, 2b)
Écoute mes paroles, Seigneur,
comprends ma plainte ;
entends ma voix qui t’appelle,
ô mon Roi et mon Dieu !
Tu n’es pas un Dieu ami du mal,
chez toi, le méchant n’est pas reçu.
Non, l’insensé ne tient pas
devant ton regard.
Tu détestes tous les malfaisants,
tu extermines les menteurs ;
l’homme de ruse et de sang,
le Seigneur le hait.

Évangile

« Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant » (Mt 5, 38-42)
Alléluia. Alléluia.
Ta parole est la lumière de mes pas,
la lampe de ma route.
Alléluia. (Ps 118, 105)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous avez appris qu’il a été dit :
Œil pour œil, et dent pour dent.
    Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;
mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite,
tends-lui encore l’autre.
    Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice
et prendre ta tunique,
laisse-lui encore ton manteau.
    Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas,
fais-en deux mille avec lui.
    À qui te demande, donne ;
à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

A l'époque où elle a été énoncée, la loi du talion était une évolution dans la justice des hommes. En effet, le droit à la vengeance restait en somme mesuré car limité à ce que l'autre avait fait à son prochain. On ne pouvait donc que lui rende la pareille, et pas plus sous peine d'être à son tour coupable d'injustice... Aujourd'hui, Jésus va plus loin : Il nous invite à aller au-delà de la loi du talion, au-delà de la simple vengeance.
Bien sûr, il est facile de mal interpréter les paroles de Jésus et de se demander si cette demande est légitime, pourquoi devrait-on se laisser faire, tendre l'autre joue à quelqu'un qui nous frappe ou se laisser déposséder sans rien dire. Mais en fait, ce n'est pas là la teneur des paroles de Jésus. La vraie réflexion ne porte pas sur l'acceptation ou le refus, mais sur la manière de répondre. Il est évident que Jésus a toujours lutté contre le mal, mais jamais en utilisant les mêmes armes.
Ainsi, n'avons-nous jamais expérimenté - malgré quelques difficultés parfois - des moments où l'emportement et la vengeance n'ont été d'aucun secours, n'ont apporté aucune satisfaction, là où au contraire ouverture et discussion ont eu bien plus d'effet ?
Vu sous cet éclairage, "tendre l'autre joue" n'est pas synonyme d'abandon de tout droit, mais au contraire d'ouverture et de paix.

" si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui "