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vendredi 5 octobre 2018

Vendredi 5 octobre, Lectures et Méditation du jour : "Celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé"

Première lecture

« As-tu, une seule fois dans ta vie, donné des ordres au matin ? Es-tu parvenu jusqu’aux sources de la mer ? » (Jb 38, 1.12-21 ; 40, 3-5)
Lecture du livre de Job

    Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit :
    « As-tu, une seule fois dans ta vie, donné des ordres au matin,
assigné son poste à l’aurore,
    pour qu’elle saisisse la terre aux quatre coins
et en secoue les méchants ?
    La terre alors prend forme comme argile sous le sceau
et se déploie tel un vêtement ;
    aux méchants est enlevée la lumière,
et le bras qui se levait est brisé.
    Es-tu parvenu jusqu’aux sources de la mer,
as-tu circulé au fond de l’abîme ?
    Les portes de la mort se sont-elles montrées à toi,
les as-tu vues, les portes de l’ombre de mort ?
    As-tu réfléchi à l’immensité de la terre ?
Raconte, si tu sais tout cela !
    Quel chemin mène à la demeure de la lumière,
et l’obscurité, quel est son lieu,
    pour que tu conduises chacune à son domaine
et discernes les sentiers de sa maison ?
    Si tu le sais, alors tu étais né,
et le nombre de tes jours est bien grand ! »
    Job s’adressa au Seigneur et dit :
    « Moi qui suis si peu de chose, que pourrais-je te répliquer ?
Je mets la main sur ma bouche.
    J’ai parlé une fois, je ne répondrai plus ;
deux fois, je n’ajouterai plus rien. »

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 138 (139), 1-3, 7-8, 9-10, 13-14ab)
R/ Conduis-moi, Seigneur, sur le chemin d’éternité. (cf. Ps 138, 24b)
Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées,
Que je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.
Où donc aller, loin de ton souffle ?
où m’enfuir, loin de ta face ?
Je gravis les cieux : tu es là ;
je descends chez les morts : te voici.
Je prends les ailes de l’aurore
et me pose au-delà des mers :
même là, ta main me conduit,
ta main droite me saisit.
C’est toi qui as créé mes reins,
qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige,
l’être étonnant que je suis.

Évangile

« Celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé » (Lc 10, 13-16)
Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Alléluia. (cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait :
    « Malheureuse es-tu, Corazine !
Malheureuse es-tu, Bethsaïde !
Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous
avaient eu lieu à Tyr et à Sidon,
il y a longtemps que leurs habitants
auraient fait pénitence, avec le sac et la cendre.
    D’ailleurs, Tyr et Sidon
seront mieux traitées que vous lors du Jugement.
    Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ?
Non, jusqu’au séjour des morts tu descendras !
    Celui qui vous écoute
m’écoute ;
celui qui vous rejette
me rejette ;
et celui qui me rejette
rejette celui qui m’a envoyé. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion


Abbé Jordi SOTORRA i Garriga
(Sabadell, Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui, nous voyons que Jésus tourne son attention vers les cités qui avaient fait l'objet de ses soucis, là où il avait prêché et réalisé les oeuvres du Père. A aucun endroit il n'avait autant prêché et fait de miracles comme à Corazine, Bethsaïde et Capharnaüm. La semence était abondante mais la récolte n'avait pas été bonne. Même Jésus lui-même n'avait pu les convaincre! Quel mystère que celui de la liberté humaine! Nous pouvons dire “non” à Dieu… le message évangélique ne s'impose pas par la force, il s'offre à nous uniquement et je peux fermer mon coeur, l'accepter ou le refuser. Le Seigneur respecte totalement ma liberté. Quelle responsabilité que la mienne!

Les paroles de Jésus: «Malheureuse es-tu, Corazine! Malheureuse es-tu, Bethsaïde!» (Lc 10,13) lors de la fin de sa mission apostolique, expriment davantage la souffrance que la damnation. La proximité du Royaume de Dieu n'a pas provoqué dans ces villes un appel à la conversion et à la pénitence. Jésus reconnaît qu'à Sidon et à Tyr ils auraient mieux profité de toutes les grâces dispensées aux galiléens.

La déception de Jésus est encore plus grande s'agissant de Capharnaüm. «Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu'au ciel? Non, tu descendras jusqu'au séjour des morts!» (Lc 10,15). C'est là où Pierre a sa maison et Jésus avait fait de cette ville le centre de sa prédication. Une fois de plus nous ressentons davantage un sentiment de tristesse qu'une menace dans ces paroles. Nous pouvons dire la même chose de certaines de nos villes et personnes de notre époque. Ils croient prospérer, quand en réalité ils s'enfoncent.

«Celui qui vous écoute m'écoute» (Lc 10,16). Ces paroles qui concluent l'Évangile sont un appel à la conversion et elles sont porteuses d'espérance. Si nous écoutons la voix de Jésus nous avons encore le temps. La conversion consiste en ce que l'amour surpasse dans notre vie progressivement l'égoïsme, ce qui est un travail qui ne s'achève jamais. Saint Maxime dira: «Il n'y a rien d'aussi agréable et aimé par Dieu que de voir que les hommes se convertissent à Lui avec un sincère repentir».


 † " celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. "

jeudi 4 octobre 2018

Jeudi 4 octobre, Lectures & Méditation du jour : "Votre paix ira reposer sur lui "

Première lecture

« Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant » (Jb 19, 21-27)
Lecture du livre de Job

Job disait à ceux qui lui faisaient des reproches :
    « Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi,
vous du moins, mes amis,
car la main de Dieu m’a frappé.
    Pourquoi me poursuivre comme Dieu lui-même ?
Ne serez-vous jamais rassasiés de ma chair ?
    Ah, si seulement on écrivait mes paroles,
si on les gravait sur une stèle
    avec un ciseau de fer et du plomb,
si on les sculptait dans le roc pour toujours !
    Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant,
que, le dernier, il se lèvera sur la poussière ;
    et quand bien même on m’arracherait la peau,
de ma chair je verrai Dieu.
    Je le verrai, moi en personne,
et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger.
Mon cœur en défaille au-dedans de moi. »

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 26 (27), 7-8a, 8b.9abc, 13-14)
R/ J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
(Ps 26, 13)
Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »
C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.
Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Évangile

« Votre paix ira reposer sur lui » (Lc 10, 1-12)
Alléluia. Alléluia.
Le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.
Alléluia. (Mc 1, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
parmi les disciples
    le Seigneur en désigna encore 72,
et il les envoya deux par deux, en avant de lui,
en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
    Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
    Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,
et ne saluez personne en chemin.
    Mais dans toute maison où vous entrerez,
dites d’abord :
“Paix à cette maison.”
    S’il y a là un ami de la paix,
votre paix ira reposer sur lui ;
sinon, elle reviendra sur vous.
    Restez dans cette maison,
mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;
car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
    Dans toute ville où vous entrerez
et où vous serez accueillis,
mangez ce qui vous est présenté.
    Guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur :
“Le règne de Dieu s’est approché de vous.”
    Mais dans toute ville où vous entrerez
et où vous ne serez pas accueillis,
allez sur les places et dites :
    “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds,
nous l’enlevons pour vous la laisser.
Toutefois, sachez-le :
le règne de Dieu s’est approché.”
    Je vous le déclare :
au dernier jour,
Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Abbé Ignasi NAVARRI i Benet
(La Seu d'Urgell, Lleida, Espagne)
evangeli.net

Aujourd'hui, Jésus nous parle de la mission apostolique. Même «s'il en désigna encore soixante-douze, et il les envoya» (Lc 10,1), la proclamation de l'Évangile est une tâche «qui ne pourrait être déléguée qu'à quelques “spécialistes”» (Jean-Paul II): nous sommes tous appelés à cette tâche et nous devons tous nous sentir responsables de celle-ci. Chacun là où il se trouve, en son lieu et dans sa condition. Le jour du Baptême on nous a dit: «Tu es Prêtre, Prophète et Roi pour la vie éternelle». Aujourd'hui, plus que jamais, notre monde a besoin du témoignage des disciples du Christ.

«La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux» (Lc 10,2): c'est intéressant ce sentiment positif de la mission, en effet le texte nous dit «il y a beaucoup à semer et peu d'ouvriers». Peut-être qu'aujourd'hui nous devrions parler en ces termes, étant donné la grande ignorance de Jesús-Christ et de son Église dans notre société. Un regard d'espérance sur cette mission engendre de l'optimisme et de l'illusion. Ne nous laissons pas abattre par le pessimisme et le désespoir.

De fait, la mission qui nous attend est, à la fois, passionnante et difficile. Notre mission, l'annonce de la Vérité et de la Vie, ne peut pas et ne doit pas prétendre forcer l'adhésion, mais susciter une adhésion libre. Le Pape nous rappelle que les idées se proposent, elles ne s'imposent pas.

«N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales…» (Lc 10,4): la seule force du missionnaire doit être le Christ. Et pour qu'Il remplisse toute sa vie, il est nécessaire que l'évangéliste se libère totalement de ce qui n'est pas le Christ. La pauvreté évangélique est la grande condition requise et, est à la fois le témoignage le plus crédible que l'apôtre peut donner, mis à part le fait que la seule chose qui peut nous rendre libres c'est ce détachement total.

Le missionnaire annonce la paix. Il est porteur de paix car il porte le Christ, le “Prince de la Paix”. C'est pour cela, que «dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord: ‘Paix à cette maison’. S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui; sinon, elle reviendra sur vous» (Lc 10,5-6). Notre monde, nos familles, notre moi, a besoin de Paix. Notre mission est urgente et passionnante.


" Voici que je vous envoie "

mercredi 3 octobre 2018

Mercredi 3 octobre, Lectures & Méditation du jour : "Je te suivrai partout où tu iras"

Première lecture

« Comment l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu ? » (Jb 9, 1-12.14-16)
Lecture du livre de Job

    Job prit la parole et répondit à ses amis :
    « En vérité, je sais bien qu’il en est ainsi :
Comment l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu ?
    Si l’on s’avise de discuter avec lui,
on ne trouvera pas à lui répondre une fois sur mille.
    Il est plein de sagesse et d’une force invincible,
on ne lui tient pas tête impunément.
    C’est lui qui déplace les montagnes à leur insu,
qui les renverse dans sa colère ;
    il secoue la terre sur sa base,
et fait vaciller ses colonnes.
    Il donne un ordre, et le soleil ne se lève pas,
et sur les étoiles il appose un sceau.
    À lui seul il déploie les cieux,
il marche sur la crête des vagues.
    Il fabrique la Grande Ourse, Orion,
les Pléiades et les constellations du Sud.
    Il est l’auteur de grandes œuvres, insondables,
d’innombrables merveilles.
    S’il passe à côté de moi, je ne le vois pas ;
s’il me frôle, je ne m’en aperçois pas.
    S’il s’empare d’une proie, qui donc lui fera lâcher prise,
qui donc osera lui demander : “Que fais-tu là ?”
    Et moi, je prétendrais lui répliquer !
je chercherais des arguments contre lui !
    Même si j’ai raison, à quoi bon me défendre ?
Je ne puis que demander grâce à mon juge.
    Même s’il répond quand je fais appel,
je ne suis pas sûr qu’il écoute ma voix ! »

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 87 (88), 10bc-11, 12-13, 14-15)
R/ Que ma prière parvienne jusqu’à toi, Seigneur ! (Ps 87, 3a)
Je t’appelle, Seigneur, tout le jour,
je tends les mains vers toi :
fais-tu des miracles pour les morts ?
leur ombre se dresse-t-elle pour t’acclamer ?
Qui parlera de ton amour dans la tombe,
de ta fidélité au royaume de la mort ?
Connaît-on dans les ténèbres tes miracles,
et ta justice, au pays de l’oubli ?
Moi, je crie vers toi, Seigneur ;
dès le matin, ma prière te cherche :
pourquoi me rejeter, Seigneur,
pourquoi me cacher ta face ?

Évangile

« Je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 57-62)
Alléluia. Alléluia.
J’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures,
afin de gagner un seul avantage, le Christ
et, en lui, d’être reconnu juste.
Alléluia. (Ph 3, 8-9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    en cours de route, un homme dit à Jésus :
« Je te suivrai partout où tu iras. »
    Jésus lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme
n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
    Il dit à un autre :
« Suis-moi. »
    L’homme répondit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
    Mais Jésus répliqua :
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »
    Un autre encore lui dit :
« Je te suivrai, Seigneur ;
mais laisse-moi d’abord faire mes adieux
aux gens de ma maison. »
    Jésus lui répondit :
« Quiconque met la main à la charrue,
puis regarde en arrière,
n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Frère Matthieu Boo d'Arc, LC
regnumchristi.fr

1. « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

Jésus-Christ répond à cet homme qui veut le suivre partout, vivre à ses côtés. Ailleurs dans l’Évangile il est fait mention d’une maison de Jésus à Capharnaüm. Jésus a une maison, mais ce qu’il veut dire ici est simple : il n’est pas de ce monde. « Mon Royaume n’est pas de ce monde. » (Jn 18, 36) Son temps sur la terre n’est qu’un moment, le moment de la Rédemption. Cette terre n’est pas sa demeure, car il est son Créateur. Comme il le dira plus tard à saint Pierre : « Là où je vais tu ne peux pas me suivre. » (Jn 13, 36) Seul Jésus peut accomplir le salut de l’humanité. Il est Dieu, seul lui peut pardonner et mourir pour les péchés du monde entier. Celui qui veut suivre Jésus doit le savoir. Il ne suit pas seulement un être humain, car il marche aux côtés de son Dieu, Créateur et Sauveur.

2. « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »

Jésus passe sur la terre et vient un moment où il appelle chaque homme à le suivre. Il nous invite à passer avec lui cette période sur la terre, ce moment de salut. Comme Jésus est descendu sur terre quelques années pour nous sauver, ainsi chaque homme vit son temps ici-bas pour sauver son âme et conquérir le plus de cœurs possible pour le Royaume des cieux. La vie est un passage, un bref instant. Jésus le rappelle à cet homme : ne te préoccupe pas des morts. L’important n’est pas la vie ici, mais l’éternité, le Royaume. Considère-toi un pèlerin sur cette terre, et souviens-toi que ce pèlerinage terminera bientôt. Va donc annoncer le Royaume tant que tu peux !

3. « Laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »

Cet homme que Jésus appelle n’a pas compris qui est le Christ. Il s’attache encore à une maison sur la terre, à une famille terrestre, alors que Jésus a dit : « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » À ceux que Jésus appelle, Jésus propose son style de vie : faire du ciel leur unique demeure. Faire des frères leur famille, et vivre passionnés par le salut des âmes, l’annonce du Royaume. Celui qui accepte l’invitation du Christ à le suivre partout où il ira commence à vivre face à l’éternité. Regarder en arrière serait préférer quelques années de vie éphémère à la joie et la paix éternelles !


" Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. "


mardi 2 octobre 2018

Mardi 2 octobre, Lectures & Méditation du jour : "Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux"

Première lecture

« Pourquoi donne-t-il la lumière à un malheureux ? » (Jb 3, 1-3.11-17.20-23)
Lecture du livre de Job

    Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance.
    Il prit la parole et dit :
    « Périssent le jour qui m’a vu naître
et la nuit qui a déclaré : “Un homme vient d’être conçu !”
    Pourquoi ne suis-je pas mort dès le sein de ma mère,
n’ai-je pas expiré au sortir de son ventre ?
    Pourquoi s’est-il trouvé deux genoux pour me recevoir,
deux seins pour m’allaiter ?
    Maintenant je serais étendu, au calme,
je dormirais d’un sommeil reposant,
    avec les rois et les conseillers de la terre
qui se bâtissent des mausolées,
    ou avec les princes qui ont de l’or
et remplissent d’argent leurs demeures.
    Ou bien, comme l’avorton que l’on dissimule,
je n’aurais pas connu l’existence,
comme les petits qui n’ont pas vu le jour.
    Là, au séjour des morts,
prend fin l’agitation des méchants,
là reposent ceux qui sont exténués.
    Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux,
la vie à ceux qui sont pleins d’amertume,
    qui aspirent à la mort sans qu’elle vienne,
qui la recherchent plus avidement qu’un trésor ?
    Ils se réjouiraient, ils seraient dans l’allégresse,
ils exulteraient s’ils trouvaient le tombeau.
    Pourquoi Dieu donne-t-il la vie
à un homme dont la route est sans issue,
et qu’il enferme de toutes parts ? »

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 87 (88), 2-3, 4-5, 6, 7-8)
R/ Que ma prière parvienne jusqu’à toi, Seigneur ! (Ps 87, 3a)
Seigneur, mon Dieu et mon salut,
dans cette nuit où je crie en ta présence,
que ma prière parvienne jusqu’à toi,
ouvre l’oreille à ma plainte.
Car mon âme est rassasiée de malheur,
ma vie est au bord de l’abîme ;
on me voit déjà descendre à la fosse,
je suis comme un homme fini.
Ma place est parmi les morts,
avec ceux que l’on a tués, enterrés,
ceux dont tu n’as plus souvenir,
qui sont exclus, et loin de ta main.
Tu m’as mis au plus profond de la fosse,
en des lieux engloutis, ténébreux ;
le poids de ta colère m’écrase,
tu déverses tes flots contre moi.


Évangile

« Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 1-5.10)
Alléluia. Alléluia.
Tous les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur :
à lui, haute gloire, louange éternelle !
Alléluia. (Dn 3, 58)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

À ce moment là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Qui donc est le plus grand
dans le royaume des Cieux ? »
  Alors Jésus appela un petit enfant ;
il le plaça au milieu d’eux,
  et il déclara :
« Amen, je vous le dis :
si vous ne changez pas
pour devenir comme les enfants,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
  Mais celui qui se fera petit comme cet enfant,
celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.
  Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom,
il m’accueille, moi. »
  Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits,
car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux
voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.

          – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion


Saint Ambroise (v.340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église

Viens, Seigneur Jésus, cherche ton serviteur ; cherche ta brebis fatiguée ; viens, berger... Pendant que tu t’attardes sur les montagnes, voilà que ta brebis erre : laisse donc les quatre-vingt-dix-neuf autres qui sont tiennes et viens chercher l’unique qui s’est égarée. Viens, sans te faire aider, sans te faire annoncer ; c’est toi maintenant que j’attends. Ne prends pas de fouet, prends ton amour ; viens avec la douceur de ton Esprit. N’hésite pas à laisser sur les montagnes ces quatre-vingt-dix-neuf brebis qui sont tiennes ; sur les sommets où tu les a mises, les loups n’ont point d’accès... Viens à moi, qui me suis égaré loin des troupeaux d’en-haut, car tu m’avais mis là moi aussi, mais les loups de la nuit m’ont fait quitter tes bergeries.

Cherche-moi, Seigneur, puisque ma prière te cherche. Cherche-moi, trouve-moi, relève-moi, porte-moi ! Celui que tu cherches tu peux le trouver, celui que tu trouves, daigne le relever, et celui que tu relèves, pose-le sur tes épaules. Ce fardeau de ton amour, il ne t’est jamais à charge, et tu te fais sans lassitude le péager de la justice. Viens donc, Seigneur, car s’il est vrai que j’erre, « je n’ai pas oublié ta parole » (Ps 118,16), et je garde l’espoir du remède. Viens, Seigneur, tu es seul à pouvoir encore appeler ta brebis perdue, et aux autres que tu vas laisser, tu ne feras aucune peine ; elles aussi seront contentes de voir revenir le pécheur. Viens, il y aura salut sur la terre et il y aura joie dans le ciel (Lc 15,7)."

N’envoie pas tes petits serviteurs, n’envoie pas de mercenaires, viens chercher ta brebis toi-même. Relève-moi dans cette chair qui avec Adam est tombée. Reconnais en moi par ce geste, non l’enfant d’Ève mais le fils de Marie, vierge pure, vierge par grâce, sans aucun soupçon de péché ; puis porte-moi jusque sur ta croix, elle est le salut des errants, le seul repos des fatigués, l’unique vie de tous ceux qui meurent.
 
 
" celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi. "

lundi 1 octobre 2018

Lundi 1er octobre, Lectures & Méditation du jour : "Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand"

Première lecture

« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! » (Jb 1, 6-22)
Lecture du livre de Job

Le jour où les fils de Dieu se rendaient à l’audience du Seigneur,
le Satan, l’Adversaire, lui aussi, vint parmi eux.
    Le Seigneur lui dit :
« D’où viens-tu ? »
L’Adversaire répondit :
« De parcourir la terre et d’y rôder. »
    Le Seigneur reprit :
« As-tu remarqué mon serviteur Job ?
Il n’a pas son pareil sur la terre :
c’est un homme intègre et droit,
qui craint Dieu et s’écarte du mal. »
    L’Adversaire riposta :
« Est-ce pour rien que Job craint Dieu ?
    N’as-tu pas élevé une clôture pour le protéger,
lui, sa maison et tout ce qu’il possède ?
Tu as béni son travail,
et ses troupeaux se multiplient dans le pays.
    Mais étends seulement la main,
et touche à tout ce qu’il possède :
je parie qu’il te maudira en face ! »
    Le Seigneur dit à l’Adversaire :
« Soit ! Tu as pouvoir sur tout ce qu’il possède,
mais tu ne porteras pas la main sur lui. »
Et l’Adversaire se retira.
    Le jour où les fils et les filles de Job étaient en train de festoyer
et de boire du vin dans la maison de leur frère aîné,
    un messager arriva auprès de Job et lui dit :
« Les bœufs étaient en train de labourer
et les ânesses étaient au pâturage non loin de là.
    Les Bédouins se sont jetés sur eux et les ont enlevés,
et ils ont passé les serviteurs au fil de l’épée.
Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. »
    Il parlait encore quand un autre survint et lui dit :
« Le feu du ciel est tombé,
il a brûlé troupeaux et serviteurs, et les a dévorés.
Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. »
    Il parlait encore quand un troisième survint et lui dit :
« Trois bandes de Chaldéens se sont emparées des chameaux,
ils les ont enlevés et ils ont passé les serviteurs au fil de l’épée.
Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. »
    Il parlait encore quand un quatrième survint et lui dit :
« Tes fils et tes filles étaient en train de festoyer
et de boire du vin dans la maison de leur frère aîné,
    lorsqu’un ouragan s’est levé du fond du désert
et s’est rué contre la maison.
Ébranlée aux quatre coins,
elle s’est écroulée sur les jeunes gens,
et ils sont morts.
Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. »
    Alors Job se leva, il déchira son manteau et se rasa la tête,
il se jeta à terre et se prosterna.
    Puis il dit :
« Nu je suis sorti du ventre de ma mère,
nu j’y retournerai.
Le Seigneur a donné,
le Seigneur a repris :
Que le nom du Seigneur soit béni ! »
    En tout cela, Job ne commit pas de péché.
Il n’adressa à Dieu aucune parole déplacée.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 16 (17), 1, 3, 4b-5, 7)
R/ Toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.
(cf. Ps 16, 6)
Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière :
mes lèvres ne mentent pas.
Tu sondes mon cœur, tu me visites la nuit,
tu m’éprouves, sans rien trouver ;
mes pensées n’ont pas franchi mes lèvres.
J’ai gardé le chemin prescrit ;
j’ai tenu mes pas sur tes traces :
jamais mon pied n’a trébuché.
Montre les merveilles de ta grâce,
toi qui libères de l’agresseur
ceux qui se réfugient sous ta droite.



Évangile

« Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand » (Lc 9, 46-50)
Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    une discussion survint entre les disciples
pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.
    Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur,
prit un enfant, le plaça à côté de lui
    et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom cet enfant,
il m’accueille, moi.
Et celui qui m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé.
En effet, le plus petit d’entre vous tous,
c’est celui-là qui est grand. »
    Jean, l’un des Douze, dit à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser des démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il ne marche pas à ta suite avec nous. »
    Jésus lui répondit :
« Ne l’en empêchez pas :
qui n’est pas contre vous est pour vous. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC
regnumchristi.fr

Qui est le plus grand ?

Notre cœur humain, assoiffé d’infini, tend à placer dans le ciel de ses idéaux et conceptions, comme sur un trône divin, ce ou celui qui lui semble plus grand : une célébrité du monde artistique ou sportif, un personnage charismatique, un bienfaiteur ; ou bien un ensemble de « valeurs », un idéal d’engagement humanitaire ou une croyance religieuse, auxquels il se soumet volontairement. Mais en fin de compte, le plus grand est celui qui attribue cette place : le grand MOI. Dans cette démarche, chacun est en définitive le dieu de sa vie adulte.

Entre les apôtres, la querelle est résorbée par l’indéniable préséance du Christ – dont la sainteté est inégalable – et se situe dans le positionnement de chacun à son égard et à son idéal du royaume : qui, dans cette structure, est le plus grand ? Cette querelle est d’une certaine manière plus honnête, puisque l’égo-latrie est évidente, mais elle revient au même : le plus grand est, tout compte fait, le grand MOI. Et moi, celui qui prie, où en suis-je ? Qu’est-ce qui occupe mon cœur ?

« Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. »

Accueillir un enfant au nom de Jésus est la plus belle expérience qu’une âme mûre puisse s’accorder. Mais c’est rempli de conséquences : c’est accueillir Jésus en sa qualité de Maître ; cela veut dire que l’enfant que l’on accueille au nom de Jésus doit être, pour nous, un maître ; nous avons à apprendre de lui, tout en portant la responsabilité, pour celui qu’on accueille, avec le devoir de s’en occuper, de l’instruire, etc. Nous sommes structurellement des apprentis, particulièrement auprès de petits enfants que l’on instruit !

Que peut-on apprendre d’un enfant ? Qu’est-ce qui le caractérise ? L’enfant est un être parfaitement égal à l’adulte, mais en devenir, en quête, en progression ; un être qui apprend, qui écoute, qui croit, qui espère, rempli de vie et de joie, assoiffé d’amour. Est-ce mon cas ? Est-ce que je ne cesse d’apprendre, d’écouter, de croire, d’espérer ? Est-ce que j’ai soif d’amour (passif et actif) ? Ou bien les leçons de vie se fracassent-elles au roc de mon savoir, de mon expérience ou de mon autonomie ?

« Qui n’est pas contre vous est pour vous. »

Qui appartient à l’œuvre du Christ ? La question revient à nouveau à celle de l’autorité : qui est le chef ? Le plus grand est celui qui donne le mandat d’agir au nom du Christ dans le combat spirituel. Or, cette autorité revient exclusivement à son auteur, le Christ, qui agit au nom du Père. Le Christ a certes confié les mystères divins à ses apôtres, pour garantir l’unité, mais en s’appuyant sur leur qualité de gérants, non de propriétaires.

Bien qu’il ait mené l’autorité sacerdotale et parentale dans la nouvelle Alliance à leur perfection, nous sommes confrontés à des situations, dans lesquelles nous perdons le contrôle sur les créatures que Dieu nous a confiées : une communauté ecclésiale, une œuvre d’apostolat, le développement spirituel d’un enfant. L’Esprit Saint fait surgir de nouvelles réalités qui ne « marchent pas avec nous à la suite du Christ » – une nouvelle communauté, une vocation religieuse dans la famille, etc. C’est l’Esprit Saint qui prend les commandes d’une existence et qui la pousse où il veut. Mais pour repérer les signes de l’Esprit, il faut être soi-même conduit par l’Esprit. Le suis-je ? Suis-je, au contraire, habité par le soupçon ?

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC


" celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. "