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mercredi 10 octobre 2018

Mercredi 10 octobre, Lectures & Méditation du jour : "Seigneur, apprends-nous à prier"

Première lecture

« Ils ont reconnu la grâce qui m’a été donnée » (Ga 2, 1-2.7-14)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères,
    au bout de quatorze ans,
    je suis de nouveau monté à Jérusalem ;
j’étais avec Barnabé, et j’avais aussi emmené Tite.
    J’y montais à la suite d’une révélation,
    et j’y ai exposé l’Évangile que je proclame parmi les nations ;
    je l’ai exposé en privé, aux personnages les plus importants,
    car je ne voulais pas risquer de courir
    ou d’avoir couru pour rien.
    Or, ils ont constaté que l’annonce de l’Évangile
m’a été confiée pour les incirconcis (c’est-à-dire les païens),
comme elle l’a été à Pierre pour les circoncis (c’est-à-dire les Juifs).
    En effet, si l’action de Dieu a fait de Pierre l’Apôtre des circoncis,
elle a fait de moi l’Apôtre des nations païennes.
    Ayant reconnu la grâce qui m’a été donnée,
Jacques, Pierre et Jean,
qui sont considérés comme les colonnes de l’Église,
nous ont tendu la main, à moi et à Barnabé,
en signe de communion,
montrant par là que nous sommes, nous, envoyés aux nations,
et eux, aux circoncis.
    Ils nous ont seulement demandé
de nous souvenir des pauvres,
ce que j’ai pris grand soin de faire.
    Mais quand Pierre est venu à Antioche,
je me suis opposé à lui ouvertement,
parce qu’il était dans son tort.
    En effet, avant l’arrivée de quelques personnes de l’entourage de Jacques,
Pierre prenait ses repas avec les fidèles d’origine païenne.
Mais après leur arrivée,
il prit l’habitude de se retirer et de se tenir à l’écart,
par crainte de ceux qui étaient d’origine juive.
    Tous les autres fidèles d’origine juive jouèrent la même comédie que lui,
si bien que Barnabé lui-même se laissa entraîner dans ce jeu.
    Mais quand je vis que ceux-ci ne marchaient pas droit
selon la vérité de l’Évangile,
je dis à Pierre devant tout le monde :
« Si toi qui es juif,
tu vis à la manière des païens et non des Juifs,
pourquoi obliges-tu les païens
à suivre les coutumes juives ? »

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 116 (117), 1, 2)
R/ Allez dans le monde entier
proclamer la Bonne Nouvelle.
ou : Alléluia !
(Mc 16, 15)
Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays !
Son amour envers nous s’est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !


Évangile

« Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1-4)
Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière.
Quand il eut terminé,
un de ses disciples lui demanda :
« Seigneur, apprends-nous à prier,
comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
    Il leur répondit :
« Quand vous priez, dites :
“Père,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne.
    Donne-nous le pain
dont nous avons besoin pour chaque jour
    Pardonne-nous nos péchés,
car nous-mêmes, nous pardonnons aussi
à tous ceux qui ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation.” »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Père Jean-Marie Fornerod, LC
regnumchristi.fr

   Les disciples de Jésus ont eu l’occasion de le voir prier. Ils lui demandèrent donc, un jour, de leur apprendre à prier comme lui le faisait. Il y avait quelque chose de spécial dans la prière de Jésus, et les disciples voulaient pouvoir en profiter. Jésus savait prier, comme personne d’autre ne savait le faire. Ce que les disciples ressentaient, nous pouvons nous aussi en faire l’expérience. Nous n’avons pas une connaissance de Dieu comme nous connaissons les autres personnes qui vivent autour de nous. Qui est Dieu et ce qu’il est reste pour nous, en grande partie, un mystère. Comment donc lui parler ? Que lui dire ?

   Regardons donc la prière que Jésus apprend à ses disciples : le Notre Père, la prière du Seigneur, légèrement plus courte dans saint Luc que dans saint Matthieu, prière que nous reprenons si souvent dans la liturgie et tout au long de la journée. Il ne nous faut cependant pas seulement répéter cette prière, il faut que dans toutes les prières que nous faisons se retrouve l’esprit du Notre Père : toutes nos prières doivent ressembler à la prière de Jésus. Jésus commence par louer le nom de son Père. C’est une attitude fondamentale de la prière : reconnaître que Dieu est le Saint, et le louer pour sa bonté. Il lui demande ensuite que son Règne arrive. Cette demande, au-delà de l’accomplissement des temps et de la venue dans la gloire de Jésus, est une invocation pour que Dieu, dès maintenant, règne dans le cœur des hommes, à commencer par mon propre cœur. Notons bien que la première partie du Notre Père est tournée vers Dieu. Ainsi doit être notre prière : d’abord tournée vers Dieu, et non vers nous-mêmes.

   Dans la deuxième partie, Jésus fait, en quelques mots, un résumé de ce que nous pouvons demander en nous adressant à Dieu. À commencer par la nourriture dont nous avons besoin. Les mots de Jésus suggèrent qu’il suffit de demander chaque jour ce dont nous avons besoin. Il ne faut pas trop se préoccuper du futur. Cette demande nous rappelle aussi que tout nous vient de Dieu. Jésus nous invite ensuite à demander à Dieu son pardon, demande qui ne peut être sincère que si elle est faite par un cœur lui-même disposé à pardonner. Puis les grâces pour ne pas tomber dans le péché. Voilà deux autres éléments indispensables dans notre prière : la demande de pardon, et l’invocation sur nous de la grâce de Dieu.


" Quand vous priez, dites : Père "

mardi 9 octobre 2018

Mardi 9 octobre, Lectures & Méditation du jour : "Une femme nommée Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part"

Première lecture

« Dieu a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes » (Ga 1, 13-24)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères,
    vous avez entendu parler
du comportement que j’avais autrefois dans le judaïsme :
je menais une persécution effrénée contre l’Église de Dieu,
et je cherchais à la détruire.
    J’allais plus loin dans le judaïsme
que la plupart de mes frères de race qui avaient mon âge,
et, plus que les autres,
je défendais avec une ardeur jalouse les traditions de mes pères.
    Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ;
dans sa grâce, il m’a appelé ;
et il a trouvé bon
    de révéler en moi son Fils,
pour que je l’annonce parmi les nations païennes.
Aussitôt, sans prendre l’avis de personne,
    sans même monter à Jérusalem
pour y rencontrer ceux qui étaient Apôtres avant moi,
je suis parti pour l’Arabie
et, de là, je suis retourné à Damas.
    Puis, trois ans après,
je suis monté à Jérusalem
pour faire la connaissance de Pierre,
et je suis resté quinze jours auprès de lui.
    Je n’ai vu aucun des autres Apôtres
sauf Jacques, le frère du Seigneur.
    En vous écrivant cela,
– je le déclare devant Dieu –
je ne mens pas.
    Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie.
    Mais pour les Églises de Judée qui sont dans le Christ,
mon visage restait inconnu ;
    elles avaient simplement entendu dire :
« Celui qui nous persécutait naguère
annonce aujourd’hui la foi
qu’il cherchait alors à détruire. »
    Et l’on rendait gloire à Dieu à mon sujet.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 138 (139), 1-3, 13-14ab, 14cd-15)
R/ Conduis-moi, Seigneur, sur le chemin d’éternité. (cf. Ps 138, 24b)
Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées.
Que je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.
C’est toi qui as créé mes reins,
qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige,
l’être étonnant que je suis.
Étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait.
Mes os n’étaient pas cachés pour toi
quand j’étais façonné dans le secret,
modelé aux entrailles de la terre.

Évangile

« Une femme nommée Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 38-42)
Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent !
Alléluia. (Lc 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus entra dans un village.
Une femme nommée Marthe le reçut.
    Elle avait une sœur appelée Marie
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur,
écoutait sa parole.
    Quant à Marthe, elle était accaparée
par les multiples occupations du service.
Elle intervint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien
que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »
    Le Seigneur lui répondit :
« Marthe, Marthe,
tu te donnes du souci et tu t’agites
pour bien des choses.
    Une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part,
elle ne lui sera pas enlevée. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
3ème Sermon pour l'Assomption (trad. Béguin, Seuil 1953, p. 1002 rev.)


Qui mieux que ceux qui ont la charge d'une communauté méritent qu'on leur applique ces paroles : « Marthe, Marthe, tu te soucies de bien des choses » ? Qui s'inquiète de beaucoup de choses sinon celui à qui il incombe de s'occuper aussi bien de Marie la contemplative que de son frère Lazare et d'autres encore ? Vous reconnaissez Marthe inquiète et accablée de mille soucis : c'est l'apôtre qui a « le souci de toutes les Eglises » (2Co 11,28), qui veille à ce que les pasteurs prennent soin de leurs ouailles. « Nul n'est faible que je ne le sois avec lui, dit-il, et nul n'est scandalisé sans que je sois brûlé aussi » (v. 29). Que Marthe reçoive donc le Seigneur dans sa maison, puisque c'est à elle qu'est confié la direction du ménage... Que ceux qui partagent ses tâches reçoivent aussi le Seigneur, chacun selon son ministère particulier ; qu'ils accueillent le Christ et qu'ils le servent, qu'ils l'assistent dans ses membres, les malades, les pauvres, les voyageurs et les pèlerins.

Tandis qu'ils assument ces activités, que Marie demeure en repos, qu'elle connaisse « combien le Seigneur est doux » (Ps 33,9). Qu'elle ait bien soin de se tenir aux pieds de Jésus, le cœur plein d'amour et l'âme en paix, sans le quitter des yeux, attentive à toutes ses paroles, admirant son beau visage et son langage. « La grâce est répandue sur ses lèvres ; il est plus beau que tous les fils des hommes » (Ps 44,3), plus beau même que les anges dans leur gloire. Connais ta joie et rends grâce, Marie, toi qui as choisi la meilleure part. Heureux les yeux qui voient ce que tu vois, les oreilles qui méritent d'entendre ce que tu entends ! (Mt 13,16) Que tu es heureuse surtout d'entendre battre le cœur de Dieu dans ce silence où il est bon pour l'homme d'attendre son Seigneur !


" Une seule chose est nécessaire "


lundi 8 octobre 2018

Lundi 8 octobre, Lectures & Méditation du jour : "Qui est mon prochain ?"

Première lecture

« L’Évangile que j’ai proclamé, ce n’est pas d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus Christ » (Ga 1, 6-12)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères,
    je m’étonne que vous abandonniez si vite
celui qui vous a appelés par la grâce du Christ,
et que vous passiez à un Évangile différent.
    Ce n'en est pas un autre :
il y a seulement des gens qui jettent le trouble parmi vous
et qui veulent changer l’Évangile du Christ.
    Pourtant, si nous-mêmes, ou si un ange du ciel
vous annonçait un Évangile
différent de celui que nous vous avons annoncé,
qu’il soit anathème !
    Nous l’avons déjà dit, et je le répète encore :
si quelqu’un vous annonce
un Évangile différent de celui que vous avez reçu,
qu’il soit anathème !
    Maintenant, est-ce par des hommes ou par Dieu
que je veux me faire approuver ?
Est-ce donc à des hommes que je cherche à plaire ?
Si j’en étais encore à plaire à des hommes,
je ne serais pas serviteur du Christ.
    Frères, je tiens à ce que vous le sachiez,
l’Évangile que j’ai proclamé
n’est pas une invention humaine.
    Ce n’est pas non plus d’un homme
que je l’ai reçu ou appris,
mais par révélation de Jésus Christ.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 110 (111), 1-2, 7-8, 9.10c)
R/ Le Seigneur garde toujours
mémoire de son alliance.
ou : Alléluia !
(cf. Ps 110, 5b)
De tout cœur je rendrai grâce au Seigneur
dans l’assemblée, parmi les justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur ;
tous ceux qui les aiment s’en instruisent.
Justesse et sûreté, les œuvres de ses mains,
sécurité, toutes ses lois,
établies pour toujours et à jamais,
accomplies avec droiture et sûreté !
Il apporte la délivrance à son peuple ;
son alliance est promulguée pour toujours :
saint et redoutable est son nom.
À jamais se maintiendra sa louange.



Évangile

« Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)
Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    voici qu’un docteur de la Loi se leva
et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
    Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
    L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. 
»
    Jésus lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
    Mais lui, voulant se justifier,
dit à Jésus :
« Et qui est mon prochain ? »
    Jésus reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route,
arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
“Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.”
    Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
    Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Saint Sévère d'Antioche (v. 465-538), évêque Homélie 89 (trad. de Lubac)

Enfin un Samaritain vint à passer... Le Christ se donne à dessein le nom de Samaritain..., lui dont on avait dit, pour l'outrager : « Tu es un Samaritain et tu as un démon » (Jn 8,48)... Le Samaritain voyageur qui était le Christ donc — car il voyageait vraiment — a vu l'humanité qui gisait par terre. Il n'est pas passé outre, car le but qu'il avait donné à son voyage était « de nous visiter » (Lc 1,68.78), nous pour qui il est descendu sur la terre et chez qui il a logé. Car il n'est pas seulement « apparu, mais il a conversé avec les hommes » en vérité (Ba 3,38)...

Sur nos plaies il a versé du vin, le vin de la Parole, et comme la gravité des blessures ne supportait pas toute sa force, il y a mêlé de l'huile, sa douceur et son « amour pour les hommes » (Tt 3,4)... Ensuite, il a conduit l'homme jusqu'à l'hôtellerie. Il donne ce nom d'hôtellerie à l'Église, devenue le lieu d'habitation et le refuge de tous les peuples... Et une fois arrivés à l'hôtellerie, le bon Samaritain a témoigné à celui qu'il avait sauvé une sollicitude encore plus grande : le Christ lui-même était en l'Eglise, accordant toute grâce... Et au chef de l'hôtellerie, symbole des apôtres et des pasteurs et docteurs qui leur ont succédé, il donne en partant, c'est-à-dire en montant au ciel, deux pièces d'argent pour qu'il prenne grand soin du malade. Par ces deux pièces, entendons les deux Testaments, l'Ancien et le Nouveau, celui de la Loi et des prophètes, et celui qui nous a été donné par les évangiles et par les écrits des apôtres. Tous les deux sont du même Dieu et portent la seule image de ce seul Dieu d'en haut, comme les pièces d'argent portant l'image du roi, et ils impriment en nos cœurs la même image royale par le moyen des saintes paroles, puisque c'est un seul et même Esprit qui les a prononcées... Ce sont les deux pièces d'un seul roi, donnés en même temps et à titre égal par le Christ au chef de l'hôtellerie...

Au dernier jour, les pasteurs des saintes églises diront au Maître qui reviendra : « Seigneur, tu m'as donné deux pièces d'argent, voilà qu'en les dépensant, j'en ai gagné deux autres », par lesquels j'ai accru le troupeau. Et le Seigneur répondra : « C'est bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle en peu de choses, je te préposerai à beaucoup. Entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25,23).


" il le vit et fut saisi de compassion. "

dimanche 7 octobre 2018

Dimanche 7 octobre, Lectures & Méditation du jour : "Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !"

Première lecture

« Tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2, 18-24)
Lecture du livre de la Genèse

Le Seigneur Dieu dit :
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul.
Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »
    Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela
toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel,
et il les amena vers l’homme
pour voir quels noms il leur donnerait.
C’étaient des êtres vivants,
et l’homme donna un nom à chacun.
    L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux,
aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs.
Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.
    Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux,
et l’homme s’endormit.
Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes,
puis il referma la chair à sa place.
    Avec la côte qu’il avait prise à l’homme,
il façonna une femme
et il l’amena vers l’homme.
L’homme dit alors :
« Cette fois-ci, voilà l’os de mes os
et la chair de ma chair !
On l’appellera femme – Ishsha –,
elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »
    À cause de cela,
l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme,
et tous deux ne feront plus qu’un.

    – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-6)
R/ Que le Seigneur nous bénisse
tous les jours de notre vie !
(cf. Ps 127, 5ac)
Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !
Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.
Voilà comment sera béni
     l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie,
et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël.

Deuxième lecture

« Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine » (He 2, 9-11)
Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
    Jésus, qui a été abaissé un peu au-dessous des anges,
nous le voyons couronné de gloire et d’honneur
à cause de sa Passion et de sa mort.
Si donc il a fait l’expérience de la mort,
c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous.
    Celui pour qui et par qui tout existe
voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ;
c’est pourquoi il convenait qu’il mène à sa perfection, par des souffrances,
celui qui est à l’origine de leur salut.
    Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés
doivent tous avoir même origine ;
pour cette raison,
Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères,

    – Parole du Seigneur.


Évangile

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mc 10, 2-16)
Alléluia. Alléluia.
Si nous nous aimons les uns les autres,
Dieu demeure en nous ;
en nous, son amour atteint la perfection.
Alléluia. (1 Jn 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    des pharisiens abordèrent Jésus
et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient :
« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
    Jésus leur répondit :
« Que vous a prescrit Moïse ? »
    Ils lui dirent :
« Moïse a permis de renvoyer sa femme
à condition d’établir un acte de répudiation. »
    Jésus répliqua :
« C’est en raison de la dureté de vos cœurs
qu’il a formulé pour vous cette règle.
    Mais, au commencement de la création,
Dieu les fit homme et femme.
    À cause de cela,
l’homme quittera son père et sa mère,
    il s’attachera à sa femme,
et tous deux deviendront une seule chair.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
    Donc, ce que Dieu a uni,
que l’homme ne le sépare pas ! »
    De retour à la maison,
les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
    Il leur déclara :
« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre
devient adultère envers elle.
    Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre,
elle devient adultère. »
    Des gens présentaient à Jésus des enfants
pour qu’il pose la main sur eux ;
mais les disciples les écartèrent vivement.
    Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :
« Laissez les enfants venir à moi,
ne les empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
    Amen, je vous le dis :
celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu
à la manière d’un enfant
n’y entrera pas. »
    Il les embrassait
et les bénissait en leur imposant les mains.
    – Acclamons la Parole de Dieu.


Réflexion


Benoît XVI
pape de 2005 à 2013
Encyclique « Deus caritas est », § 9-11


   Dans la Bible, la relation de Dieu avec Israël est illustrée par les métaphores des fiançailles et du mariage ; et par conséquent, l'idolâtrie est adultère et prostitution... Mais l'amour-eros de Dieu pour l'homme est en même temps totalement l'amour-agapè. Non seulement parce qu'il est donné absolument gratuitement, sans aucun mérite préalable, mais encore parce qu'il est un amour qui pardonne... Dans la Bible, donc, nous nous trouvons d'une part devant une image strictement métaphysique de Dieu : Dieu est en absolu la source originaire de tout être ; mais ce principe créateur de toutes choses, la raison primordiale, est d'autre part quelqu'un qui aime avec toute la passion d'un véritable amour. De la sorte, l'amour-eros est ennobli au plus haut point, mais, en même temps, il est ainsi purifié jusqu'à se fondre avec l'amour-agapè... La première nouveauté de la foi biblique consiste dans cette image de Dieu ; la deuxième, qui lui est essentiellement liée, nous la trouvons dans l'image de l'homme.

   Le récit biblique de la création parle de la solitude du premier homme, Adam, aux côtés duquel Dieu veut placer une aide... L'idée que l'homme serait en quelque sorte incomplet de par sa constitution, à la recherche, dans l'autre, de la partie qui manque à son intégrité, à savoir l'idée que c'est seulement dans la communion avec l'autre sexe qu'il peut devenir « complet », est sans aucun doute présente. Le récit biblique se conclut ainsi sur une prophétie concernant Adam : « À cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu'un » (Gn 2,24).

   Deux aspects sont ici importants : l'eros est comme enraciné dans la nature même de l'homme ; Adam est en recherche et il « quitte son père et sa mère » pour trouver sa femme ; c'est seulement ensemble qu'ils représentent la totalité de l'humanité, qu'ils deviennent « une seule chair ». Le deuxième aspect n'est pas moins important : selon une orientation qui a son origine dans la création, l'eros renvoie l'homme au mariage, à un lien caractérisé par l'unicité et le définitif ; ainsi, et seulement ainsi, se réalise sa destinée profonde. À l'image du Dieu du monothéisme, correspond le mariage monogamique. Le mariage fondé sur un amour exclusif et définitif devient l'icône de la relation de Dieu avec son peuple et réciproquement : la façon dont Dieu aime devient la mesure de l'amour humain.


" tous deux deviendront une seule chair. "

samedi 6 octobre 2018

Samedi 6 octobre, Lectures & Médittion du jour : "Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux"

Première lecture

« Maintenant mes yeux t’ont vu. C’est pourquoi je me rétracte » (Jb 42, 1-3.5-6.12-17)
Lecture du livre de Job

    Job s’adressa au Seigneur et dit :
    « Je sais que tu peux tout
et que nul projet pour toi n’est impossible.
    Quel est celui qui déforme tes plans
sans rien y connaître ?
De fait, j’ai parlé, sans les comprendre,
de merveilles hors de ma portée, dont je ne savais rien.
    C’est par ouï-dire que je te connaissais,
mais maintenant mes yeux t’ont vu.
    C’est pourquoi je me rétracte et me repens
sur la poussière et sur la cendre. »
    Le Seigneur bénit la nouvelle situation de Job
plus encore que l’ancienne.
Job posséda quatorze mille moutons et six mille chameaux,
mille paires de bœufs et mille ânesses.
    Il eut encore sept fils et trois filles.
    Il nomma la première Colombe,
la deuxième Fleur-de-Laurier,
et la troisième Ombre-du-regard.
    On ne trouvait pas dans tout le pays de femmes aussi belles
que les filles de Job.
Leur père leur donna une part d’héritage avec leurs frères.
    Après cela, Job vécut encore cent quarante ans,
et il vit ses fils et les fils de ses fils :
quatre générations.
    Et Job mourut âgé, rassasié de jours.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 118 (119), 66.71, 75.91, 125.130)
R/ Pour ton serviteur,
que ton visage s’illumine, Seigneur !
(Ps 118, 135a)
Apprends-moi à bien saisir, à bien juger :
je me fie à tes volontés.
C’est pour mon bien que j’ai souffert,
ainsi, ai-je appris tes commandements.
Seigneur, je le sais, tes décisions sont justes ;
tu es fidèle quand tu m’éprouves.
Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions :
toute chose est ta servante.
Je suis ton serviteur, éclaire-moi :
je connaîtrai tes exigences.
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.

Évangile

« Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux » (Lc 10, 17-24)
Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    les 72 disciples que Jésus avait envoyés
revinrent tout joyeux, en disant :
« Seigneur, même les démons
nous sont soumis en ton nom. »
    Jésus leur dit :
« Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
    Voici que je vous ai donné le pouvoir
d’écraser serpents et scorpions,
et sur toute la puissance de l’Ennemi :
absolument rien ne pourra vous nuire.
    Toutefois, ne vous réjouissez pas
parce que les esprits vous sont soumis ;
mais réjouissez-vous
parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
    À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint,
et il dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
    Tout m’a été remis par mon Père.
Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ;
et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils
et celui à qui le Fils veut le révéler. »
    Puis il se tourna vers ses disciples
et leur dit en particulier :
« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
    Car, je vous le déclare :
beaucoup de prophètes et de rois
ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez,
et ne l’ont pas vu,
entendre ce que vous entendez,
et ne l’ont pas entendu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Frère Benoît Terrenoir, LC
regnumchristi.fr

   Ce passage de l’Évangile parle beaucoup de la joie. D’abord, je vois les disciples revenir « tout joyeux » de leur mission, malgré le mépris, les injures et les portes fermées qu’ils ont dû rencontrer sur les routes de Galilée, de Samarie et de Judée. Toutes ces difficultés sont bien peu de chose par rapport au pouvoir extraordinaire qui sort de leurs mains et qui soumet les démons. La victoire sur le diable et les forces du mal donnent une joie légitime que le Christ ne conteste pas, puisqu’il confirme avoir vu Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Et moi ? Est-ce que je me réjouis de chaque victoire que l’Église remporte sur le démon ? Ou bien les difficultés passées ou futures me découragent-elles et me remplissent-elles de tristesse ? Dans son discours du 22 décembre 2014, le pape François parlait de la «maladie du visage lugubre ». Il expliquait que, « le pessimisme stérile [est]souvent le symptôme d’un sentiment de peur et de d’insécurité. L’apôtre doit s'efforcer d'être une personne courtoise, sereine, enthousiaste et joyeuse qui transmet la joie quel que soit l’endroit où il se trouve. Un cœur empli de Dieu est un cœur heureux qui irradie et communique sa joie à tous ceux qui l'entourent : cela se voit tout de suite ! » Et moi ? Est-ce que je souffre de la maladie du visage lugubre ? Ou est-ce que je me réjouis de la victoire du Christ ?

   Dans la suite de ce passage de l’Évangile, Jésus-Christ continue en parlant aux disciples d’une autre joie, une joie supérieure à la première, la joie de savoir que leur nom se trouve inscrit dans les cieux. En disant cela, Jésus pense peut-être à ces versets du chapitre 49 du livre d’Isaïe où Dieu dit à Jérusalem : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. Car je t’ai gravée sur les paumes de mes mains (…) » Le registre du ciel, le livre de vie, ce sont les paumes de la main du Père, où je suis inscrit à force d’étreintes et de caresses paternelles. Si je chassais les démons, j’aurais toujours la tentation d’attribuer ce pouvoir à mes propres forces. Mais être objet de l’amour du Père, je dois bien avouer que je n’y suis pour rien. De cet amour gratuit jaillit une joie pure, la « joie d’être sauvé » dont parle le psaume 50. Est-ce que je refuse l’amour que le Père me porte sans mérite de ma part ? Ou est-ce que je l’accepte comme un petit enfant ?

   Enfin, ce passage de l’Évangile mentionne une troisième joie, celle du Christ qui, soudain, « exulta de joie sous l’action de l’Esprit-Saint ». Cette fois, il s’agit d’une joie imprévue, inespérée, extraordinaire. C’est le fruit de l’Esprit-Saint, le signe de la présence de Dieu dans l’âme. Comme l’explique saint Ignace de Loyola dans les règles de discernement des esprits de la deuxième semaine : « C'est le propre de Dieu et de ses anges, lorsqu'ils agissent dans une âme, d'en bannir le trouble et la tristesse que l'ennemi s'efforce d'y introduire et d'y répandre la véritable allégresse et la vraie joie spirituelle. Au contraire, c'est le propre de l'ennemi de combattre cette joie et cette consolation intérieure par des raisons apparentes, des subtilités et de continuelles illusions. » (Exercices Spirituels, no 329).

Est-ce que je me rends compte de l’action de Dieu et de celle du diable dans mon âme ? Est-ce que je prie pour que l’Esprit-Saint m’accorde ses consolations ?

Frère Benoît Terrenoir, LC


" Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange "