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samedi 23 novembre 2019

Samedi 23 novembre, Lectures & Méditation du jour : "Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants"

Première lecture

« Maintenant je me rappelle le mal que j’ai fait à Jérusalem : tous mes malheurs viennent de là, et voici que je meurs dans un profond chagrin » (1 M 6, 1-13)
Lecture du premier livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là,
    le roi Antiocos parcourait le haut pays.
Il apprit alors qu’il y avait en Perse une ville, Élymaïs,
fameuse par ses richesses, son argent et son or ;
    son temple, extrêmement riche, contenait des casques en or,
des cuirasses et des armes,
laissés là par Alexandre, fils de Philippe et roi de Macédoine,
qui régna le premier sur les Grecs.
    Antiocos arriva,
et il tenta de prendre la ville et de la piller,
mais il n’y réussit pas,
parce que les habitants avaient été informés de son projet.
    Ils lui résistèrent et livrèrent bataille,
si bien qu’il prit la fuite et battit en retraite, accablé de chagrin,
pour retourner à Babylone.
    Il était encore en Perse quand on vint lui annoncer
la déroute des troupes qui avaient pénétré en Judée ;
    Lysias, en particulier,
qui avait été envoyé avec un important matériel,
avait fait demi-tour devant les Juifs ;
ceux-ci s’étaient renforcés
grâce aux armes, au matériel et au butin
saisis sur les troupes qu’ils avaient battues ;
    ils avaient renversé l’Abomination
qu’Antiocos avait élevée à Jérusalem sur l’autel ;
enfin, ils avaient reconstruit comme auparavant
de hautes murailles autour du sanctuaire
et autour de la ville royale de Bethsour.
    Quand le roi apprit ces nouvelles,
il fut saisi de frayeur et profondément ébranlé.
Il s’écroula sur son lit
et tomba malade sous le coup du chagrin,
parce que les événements n’avaient pas répondu à son attente.
    Il resta ainsi pendant plusieurs jours,
car son profond chagrin se renouvelait sans cesse.
Lorsqu’il se rendit compte qu’il allait mourir,
            il appela tous ses amis et leur dit :
« Le sommeil s’est éloigné de mes yeux ;
l’inquiétude accable mon cœur,
    et je me dis :
À quelle profonde détresse en suis-je arrivé ?
Dans quel abîme suis-je plongé maintenant ?
J’étais bon et aimé au temps de ma puissance.
    Mais maintenant je me rappelle
le mal que j’ai fait à Jérusalem :
tous les objets d’argent et d’or qui s’y trouvaient,
je les ai pris ;
j’ai fait exterminer les habitants de la Judée
sans aucun motif.
    Je reconnais que tous mes malheurs viennent de là,
et voici que je meurs dans un profond chagrin
sur une terre étrangère. »

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 9a, 2-3, 4.6, 16.19)
R/ J'exulterai de joie
pour ta victoire, Seigneur.
(Ps 9a, 15b)
De tout mon cœur, Seigneur, je rendrai grâce,
je dirai tes innombrables merveilles ;
pour toi, j’exulterai, je danserai,
je fêterai ton nom, Dieu Très-Haut.
Mes ennemis ont battu en retraite,
devant ta face, ils s’écroulent et périssent.
Tu menaces les nations, tu fais périr les méchants,
à tout jamais tu effaces leur nom.
Ils sont tombés, les païens, dans la fosse qu’ils creusaient ;
aux filets qu’ils ont tendus, leurs pieds se sont pris.
Mais le pauvre n’est pas oublié pour toujours :
jamais ne périt l’espoir des malheureux.

Évangile

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Lc 20, 27-40)
Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    quelques sadducéens
– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –
s’approchèrent de Jésus
    et l’interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère
qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant,
il doit épouser la veuve
pour susciter une descendance à son frère.

    Or, il y avait sept frères :
le premier se maria et mourut sans enfant ;
    de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve,
et ainsi tous les sept :
ils moururent sans laisser d’enfants.
    Finalement la femme mourut aussi.
    Eh bien, à la résurrection,
cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
    Jésus leur répondit :
« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
    Mais ceux qui ont été jugés dignes
d’avoir part au monde à venir
et à la résurrection d’entre les morts
ne prennent ni femme ni mari,
    car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges,
ils sont enfants de Dieu
et enfants de la résurrection.
    Que les morts ressuscitent,
Moïse lui-même le fait comprendre
dans le récit du buisson ardent,
quand il appelle le Seigneur
le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
    Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Tous, en effet, vivent pour lui. »
    Alors certains scribes prirent la parole pour dire :
« Maître, tu as bien parlé. »
    Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Frère Corentin Jarry, LC

1. « À la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

Les sadducéens présentent au Christ un grand problème. En effet, à leurs yeux, il y a une contradiction à l’intérieur de la Loi pour ceux qui croient en la résurrection. Comment en effet une femme peut-elle avoir plusieurs maris à sa résurrection, quand la Loi l’interdit ?
La réponse du Christ ne vise pas seulement à argumenter la résurrection de la chair (pour les sadducéens), mais aussi à en expliquer sa nature et sa différence avec notre vie dans ce monde (pour les pharisiens qui croyaient en une résurrection de la chair encore humaine et sensuelle, et non glorifiée).

2. « Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. »

Jésus commence d’abord à montrer que les enfants de la résurrection ne prennent ni femme ni mari, car ils sont désormais immortels, en totale communion avec toute l’espèce humaine et en adoration à l’agneau immolé, puisqu’ils sont déjà tous présents en Dieu comme ses enfants semblables aux anges. Cette femme ne sera donc pas la femme de ses sept maris : elle sera une enfant de Dieu semblable aux anges car elle sera la femme de Dieu et pour Dieu en communion avec « ces » sept maris et avec toute la race humaine.

Écouter ces paroles du Christ nous remplit de joie car au ciel lors de notre résurrection rien ne nous manquera et tout sera rétabli : nos infidélités et nos infécondités seront transformées dans sa gloire et dans sa lumière. Il est donc important de laisser le Seigneur entrer dans nos ténèbres pour qu’il puisse venir y habiter et nous rendre « dignes d’avoir part au monde à venir ». Rappelons-nous que le corps glorifié du Christ à sa Résurrection passait par les murs et par la porte du Cénacle pourtant refermée par les apôtres et par leur peur. La pire des situations n’est donc pas un obstacle pour la puissance de Dieu, mais ai-je foi et confiance en lui ?

3. « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

Cette fois-ci, Jésus parle directement aux sadducéens pour leur montrer – à travers leur propre inquiétude sur la Loi – que la Loi justement parle d’un Dieu des vivants, en citant ce passage de l’Exode où Dieu révèle son nom et nous enseigne qu’il est « le Seigneur, le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. » (Ex 3, 6) Si Dieu s’attache donc au nom d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, il ne peut pas les abandonner à la mort, mais il les désire vivants, ressuscités et glorifiés dans leur chair avec toute leur descendance.

Cet Évangile parle très fortement de notre peur de la mort. Qui n’a jamais eu peur de la mort ? La révélation du nom de Dieu dans le buisson ardent nous révèle que l’amour de notre Dieu est plus fort que notre peur, et ce feu ne pourra jamais nous consumer puisqu’il nous donne vie. Certes, cette vie nous consume et nous corrompt quand l’intelligence artificielle voudrait mettre fin au vieillissement de nos tissus cellulaires. Cependant, la mort n’a pas le dernier mot, elle est la porte d’entrée à cette nouvelle vie en Dieu où rien ne nous manquera, où tout sera rétabli.

mardi 19 novembre 2019

Mardi 19 novembre, Lectures & Méditation du jour : "Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu"

Première lecture

« En choisissant de mourir pour nos vénérables et saintes lois, j’aurai laissé le noble exemple d’une belle mort » (2 M 6, 18-31)
Lecture du deuxième livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là,
    Éléazar était l’un des scribes les plus éminents.
C’était un homme très âgé,
et de très belle allure.
On voulut l’obliger à manger du porc
en lui ouvrant la bouche de force.
    Préférant avoir une mort prestigieuse
plutôt qu’une vie abjecte,
il marchait de son plein gré vers l’instrument du supplice,
    après avoir recraché cette viande,
comme on doit le faire
quand on a le courage de rejeter
ce qu’il n’est pas permis de manger,
même par amour de la vie.
    Ceux qui étaient chargés de ce repas sacrilège
le connaissaient de longue date.
Ils le prirent à part et lui conseillèrent
de faire apporter des viandes dont l’usage était permis,
et qu’il aurait préparées lui-même.
Il n’aurait qu’à faire semblant
de manger les chairs de la victime
pour obéir au roi ;
    en agissant ainsi, il échapperait à la mort
et serait traité avec humanité
grâce à la vieille amitié qu’il avait pour eux.
    Mais il fit un beau raisonnement,
bien digne de son âge,
du rang que lui donnait sa vieillesse,
du respect que lui valaient ses cheveux blancs,
de sa conduite irréprochable depuis l’enfance,
et surtout digne de la législation sainte établie par Dieu.
Il s’exprima en conséquence,
demandant qu’on l’envoyât sans tarder au séjour des morts :
    « Une telle comédie est indigne de mon âge.
Car beaucoup de jeunes gens croiraient qu’Éléazar,
à 90 ans,
adopte la manière de vivre des étrangers.
    À cause de cette comédie, par ma faute,
ils se laisseraient égarer eux aussi ;
et moi, pour un misérable reste de vie,
j’attirerais sur ma vieillesse la honte et le déshonneur.
    Même si j’évite, pour le moment,
le châtiment qui vient des hommes,
je n’échapperai pas, vivant ou mort,
aux mains du Tout-Puissant.
    C’est pourquoi, en quittant aujourd’hui la vie avec courage,
je me montrerai digne de ma vieillesse
    et, en choisissant de mourir avec détermination et noblesse
pour nos vénérables et saintes lois,
j’aurai laissé aux jeunes gens
le noble exemple d’une belle mort. »
Sur ces mots, il alla tout droit au supplice.
    Pour ceux qui le conduisaient,
ces propos étaient de la folie ;
c’est pourquoi ils passèrent subitement
de la bienveillance à l’hostilité.
    Quant à lui, au moment de mourir sous les coups,
il dit en gémissant :
« Le Seigneur, dans sa science sainte, le voit bien :
alors que je pouvais échapper à la mort,
j’endure sous le fouet
des douleurs qui font souffrir mon corps ;
mais dans mon âme je les supporte avec joie,
parce que je crains Dieu. »
    Telle fut la mort de cet homme.
Il laissa ainsi, non seulement à la jeunesse
mais à l’ensemble de son peuple,
un exemple de noblesse et un mémorial de vertu.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 3, 2-3, 4-5, 6-7)
R/ Le Seigneur est mon soutien ! (Ps 3, 6b)
Seigneur, qu’ils sont nombreux mes adversaires,
nombreux à se lever contre moi,
nombreux à déclarer à mon sujet :
« Pour lui, pas de salut auprès de Dieu ! »
Mais toi, Seigneur, mon bouclier,
ma gloire, tu tiens haute ma tête.
À pleine voix je crie vers le Seigneur ;
il me répond de sa montagne sainte.
Et moi, je me couche et je dors ;
je m’éveille : le Seigneur est mon soutien.
Je ne crains pas ce peuple nombreux
qui me cerne et s’avance contre moi.

Évangile

« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 1-10)
Alléluia. Alléluia.
Dieu nous a aimés,
il a envoyé son Fils
comme Pardon pour nos péchés.
Alléluia. (1 Jn 4, 10b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
    Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d’impôts,
et c’était quelqu’un de riche.
    Il cherchait à voir qui était Jésus,
mais il ne le pouvait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
    Il courut donc en avant
et grimpa sur un sycomore
pour voir Jésus qui allait passer par là.
    Arrivé à cet endroit,
Jésus leva les yeux et lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
    Vite, il descendit
et reçut Jésus avec joie.
    Voyant cela, tous récriminaient :
« Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
    Zachée, debout, s’adressa au Seigneur :
« Voici, Seigneur :
je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j’ai fait du tort à quelqu’un,
je vais lui rendre quatre fois plus. »
    Alors Jésus dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison,
car lui aussi est un fils d’Abraham.
    En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver
ce qui était perdu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier
Le Miroir de la béatitude éternelle, (trad. Louf, Bellefontaine 1997, v. 3, p. 220)

« Aujourd'hui il faut que je vienne demeurer chez toi »

Les personnes dont je viens de te parler ressemblent à Zachée. Elles désirent voir Jésus afin de savoir qui il est, ce pour quoi toute raison et toute lumière naturelle sont de trop petite taille. Elles courent donc au-devant de toute la foule et de toute dispersion des créatures. Par la foi et l'amour, elles grimpent au sommet de leur pensée, là où l'esprit se tient désaffecté de toute image et sans entrave aucune dans sa liberté. C'est là que Jésus est vu, reconnu et aimé dans sa divinité. Car il y est toujours présent à tous les esprits libres et élevés qui, en l'aimant, ont été élevés au-delà d'eux-mêmes. C'est là qu'il déborde en plénitude de dons et de grâces.

Il dit cependant à chacune d'elles : « Descends vite, car une liberté élevée de l'esprit ne peut se maintenir que grâce à un esprit d'humble obéissance. Car il te faut me reconnaître et m'aimer comme Dieu et comme homme, à la fois exalté au-delà de tout, et abaissé en dessous de tout. C'est de la sorte que tu me savoureras lorsque moi, je t'élève au-delà de tout et au-delà de toi-même, en moi, et lorsque toi, tu t'abaisses en dessous de tout et en dessous de toi-même, avec moi et à cause de moi. Il me faut alors venir dans ta maison, y rester et y demeurer avec toi et en toi, et toi, avec moi et en moi. »

Lorsque quelqu'un connaît cela, le savoure et le ressent, il descend vite, ne s'estimant pour rien, et disant avec un coeur humble, déçu de sa vie et de toutes ses oeuvres : « Seigneur, je ne suis pas digne, mais, au contraire, je suis indigne de recevoir (Mt 8,8), dans la demeure de péché que sont mon corps et mon âme, ton corps glorieux dans le Saint Sacrement. Mais toi, Seigneur, montre-moi ta grâce et prends pitié de ma pauvre vie et de toutes mes défaillances. »

dimanche 17 novembre 2019

Dimanche 17 novembre, Lectures & Méditation du jour : "C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie"

Première lecture

« Pour vous, le Soleil de justice se lèvera » (Ml 3, 19-20a)
Lecture du livre du prophète Malachie

Voici que vient le jour du Seigneur,
brûlant comme la fournaise.
Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété,
seront de la paille.
Le jour qui vient les consumera,
– dit le Seigneur de l’univers –,
il ne leur laissera ni racine ni branche.
Mais pour vous qui craignez mon nom,
le Soleil de justice se lèvera :
il apportera la guérison dans son rayonnement.

    – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 97 (98), 5-6, 7-8, 9)
R/ Il vient, le Seigneur,
gouverner les peuples avec droiture.
(cf. Ps 97, 9)
Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !
Que résonnent la mer et sa richesse,
le monde et tous ses habitants ;
que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie.
Acclamez le Seigneur, car il vient
pour gouverner la terre,
pour gouverner le monde avec justice
et les peuples avec droiture !

Deuxième lecture

« Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Th 3, 7-12)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
    vous savez bien, vous,
ce qu’il faut faire pour nous imiter.
Nous n’avons pas vécu parmi vous
de façon désordonnée ;
    et le pain que nous avons mangé,
nous ne l’avons pas reçu gratuitement.
Au contraire, dans la peine et la fatigue, nuit et jour,
nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous.
    Bien sûr, nous avons le droit d’être à charge,
mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter.
    Et quand nous étions chez vous,
nous vous donnions cet ordre :
si quelqu’un ne veut pas travailler,
qu’il ne mange pas non plus.
    Or, nous apprenons que certains d’entre vous
mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire.
    À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ
cet ordre et cet appel :
qu’ils travaillent dans le calme
pour manger le pain qu’ils auront gagné.

    – Parole du Seigneur.

Évangile

« C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Lc 21, 5-19)
Alléluia. Alléluia.
Redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.
Alléluia. (Lc 21, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
    comme certains disciples de Jésus parlaient du Temple,
des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient,
Jésus leur déclara :
    « Ce que vous contemplez,
des jours viendront
où il n’en restera pas pierre sur pierre :
tout sera détruit. »
    Ils lui demandèrent :
« Maître, quand cela arrivera-t-il ?
Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
    Jésus répondit :
« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,
car beaucoup viendront sous mon nom,
et diront : ‘C’est moi’,
ou encore : ‘Le moment est tout proche.’
Ne marchez pas derrière eux !
    Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres,
ne soyez pas terrifiés :
il faut que cela arrive d’abord,
mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »
    Alors Jésus ajouta :
« On se dressera nation contre nation,
royaume contre royaume.
    Il y aura de grands tremblements de terre
et, en divers lieux, des famines et des épidémies ;
des phénomènes effrayants surviendront,
et de grands signes venus du ciel.
    Mais avant tout cela,
on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;
on vous livrera aux synagogues et aux prisons,
on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs,
à cause de mon nom.
    Cela vous amènera à rendre témoignage.
    Mettez-vous donc dans l’esprit
que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
    C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires ne pourront
ni résister ni s’opposer.
    Vous serez livrés même par vos parents,
vos frères, votre famille et vos amis,
et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
    Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
    Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
    C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Anne-Marie Terrenoir, consacrée de Regnum Christi

1. Dans ce que nous dit, ici, Jésus, nous nous retrouvons face à notre monde blessé, déséquilibré, voire enragé. Cette contemplation peut nous sembler dure et nous pouvons même jusqu’à éprouver de la peur. On y voit le Temple de pierre détruit – c’était la construction, fierté du peuple et lieu sacré par excellence, où il se retrouvait devant le Seigneur, sa sécurité –, de faux prophètes qui nous trompent, des catastrophes, désastres naturels et humains : guerres, violences, désordres, ailleurs, autour de nous et envers nous, comme des persécutions parce que je suis chrétien – parce que je crois et que je fais confiance au Christ, – pouvant même venir des gens qui me sont le plus proches, comme ma famille, des gens en qui j’ai confiance et que j’aime. Et cela peut aller jusqu’à ma mort, physique, ou mort par le fait que les autres en arrivent à me détester. Aucun de nous ne désire cela !

Et c’est bon signe puisque nous sommes faits pour le ciel, comme le décrit le livre de l’Apocalypse : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur. » (Ap 21, 3-4 ; cf. Is 65, 17-25) Nous ne sommes pas faits pour la souffrance. Et cependant nous souffrons et nous nous faisons souffrir les uns les autres. Le monde, dans ce qu’il a de « déraillé », nous impose un modèle d’homme dans lequel il n’y a pas de place pour la souffrance, pour l’échec, pour la faiblesse, pour les peurs.

2. Ceci nous place face à une question de fond : quelle est ma plus grande assurance ? Qu’est-ce qui compte le plus pour moi ? Pas en théorie, mais réellement. Je peux le découvrir dans les choix que je fais, dans ce à quoi je donne priorité, dans ce que je valorise ou méprise, dans mes commentaires et mes jugements. Est-ce que je cherche à me construire un paradis terrestre dans lequel je me sente bien et au sein duquel tout aille bien ?

Notre Dieu, en s’incarnant, nous rappelle que notre vie sur terre est un passage, un pèlerinage. On y vit de belles et grandes joies, et mystérieusement, de profondes souffrances. Il est venu les vivre avec nous. Il est « Dieu-avec-nous ». Il nous montre que nous sommes faits pour être aimés et aimer, que le mal et la souffrance n’ont pas le dernier mot. Il est allé jusqu’à mourir pour me prouver que la mort n’a pu gagner, que son amour est plus fort ! Mystère d’un amour divin à la fois vulnérable, tout-puissant et invincible. Dans la mesure où ma confiance est dans le Seigneur, je pourrai vivre en paix, quoiqu’il arrive, même dans un horizon catastrophique. Cela ne veut pas dire dans l’indifférence, insensible, « blindé », que rien ne puisse me faire souffrir. La paix de Dieu n’est pas une paix de cimetière (apparente tranquillité comblée de tensions) ni de nirvana (libération de toute souffrance) ! Qui a la paix de Dieu sera profondément touché par la souffrance, comme le Christ, qui a tant souffert ! Mais qui a tant aimé ! Les deux autres paix ne connaissent pas l’amour.

3. Aujourd’hui, le Christ se présente devant moi pour être cette sécurité que je cherche. Il me dit : « Ne crains pas ! Je suis avec toi. » Comment vivre les crises, les difficultés, les moments durs ? Depuis notre baptême et par la vie de grâce, l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus, vit en nous. C’est pour cela que Jésus nous dit que nous n’avons pas à nous préoccuper de notre défense. Parce qu’il nous donne langage et sagesse. Je resterai dans la vie si jusqu’à mon dernier souffle je reste avec celui qui est toujours avec moi pour moi. Rester avec le Christ, c’est accepter et se donner, comme il l’a réalisé dans sa vie sur terre. Ainsi, dans la mesure où ma plus grande sécurité est le Seigneur, dans la difficulté, j’examinerai ce qui m’arrive, je prierai pour savoir que faire, je me replacerai à la lumière de l’Évangile et vivrai selon un plus grand amour pour mes frères, le contraire de l’indifférence et de la recherche de mon petit confort. Je ne suis pas appelé à sauver ou réparer notre monde brisé, parce que la réalité est complexe, et bien des facteurs ne sont pas à ma portée. Il ne s’agit pas d’un coup de baguette magique qui pourrait tout changer. Je ne peux pas changer le monde, mais je peux changer mon cœur et choisir en quoi ou en qui je mets ma confiance.




mercredi 13 novembre 2019

Mercredi 13 novembre, Lectures & Méditation du jour : "Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu !"

Première lecture

« Écoutez, ô rois, et comprenez, afin que vous appreniez la sagesse » (Sg 6, 1-11)
Lecture du livre de la Sagesse

Écoutez, ô rois, et comprenez ;
instruisez-vous, juges de toute la terre.
    Soyez attentifs, vous qui dominez les foules,
qui vous vantez de la multitude de vos peuples.
    Car la domination vous a été donnée par le Seigneur,
et le pouvoir, par le Très-Haut,
lui qui examinera votre conduite
et scrutera vos intentions.
    En effet, vous êtes les ministres de sa royauté ;
si donc vous n’avez pas rendu la justice avec droiture,
ni observé la Loi,
ni vécu selon les intentions de Dieu,
    il fondra sur vous, terrifiant et rapide,
car un jugement implacable s’exerce sur les grands ;
    au petit, par pitié, on pardonne,
mais les puissants seront jugés avec puissance.
    Le Maître de l’univers ne reculera devant personne,
la grandeur ne lui en impose pas ;
car les petits comme les grands, c’est lui qui les a faits :
il prend soin de tous pareillement.
    Les puissants seront soumis à une enquête rigoureuse.
    C’est donc pour vous, souverains, que je parle,
afin que vous appreniez la sagesse
et que vous évitiez la chute,
    car ceux qui observent saintement les lois saintes
seront reconnus saints,
et ceux qui s’en instruisent
y trouveront leur défense.
    Recherchez mes paroles, désirez-les ;
elles feront votre éducation.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 81 (82), 3-4, 6-7)
R/ Lève-toi, Dieu, juge la terre ! (Ps 81, 8a)
Rendez justice au faible, à l’orphelin ;
faites droit à l’indigent, au malheureux.
Libérez le faible et le pauvre,
arrachez-le aux mains des impies.
Je l’ai dit : Vous êtes des dieux,
des fils du Très-Haut, vous tous !
Pourtant, vous mourrez comme des hommes,
comme les princes, tous, vous tomberez !

Évangile

« Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » (Lc 17, 11-19)
Alléluia. Alléluia.
Rendez grâce en toute circonstance :
c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.
Alléluia. (1 Th 5, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
    Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
    et lui crièrent :
« Jésus, maître,
prends pitié de nous. »
    À cette vue, Jésus leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.
    L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
    Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
    Alors Jésus prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
    Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas
et rendre gloire à Dieu ! »
    Jésus lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Réflexion

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi


1. « Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. »

En commentant ce passage au cours de l’angélus du 14 octobre 2007, le pape Benoît XVI expliquait qu’avec eux l’humanité entière était devant nous : « La lèpre, qui défigure réellement l'homme et la société, est le péché ; il s'agit de l'orgueil et de l'égoïsme qui engendrent dans l'âme humaine indifférence, haine et violence. Cette lèpre de l'esprit, qui défigure le visage de l'humanité, personne ne peut la guérir sinon Dieu qui est amour. En ouvrant son cœur à Dieu, la personne qui se convertit est guérie intérieurement du mal. » (Benoît XVI, angélus du 14 octobre 2017)

Ces dix lépreux savent qu’il leur faut une purification rituelle, constatée par un prêtre selon la prescription du Lévitique (cf. Lv 14, 2-8). Cette maladie – la lèpre – par l’orgueil et l’égoïsme laisse silencieusement s’installer l’indifférence et, avec elle aussi peut-être, la haine, la violence, et bien d’autres dommages difficiles et longs à guérir.

2. « Allez vous montrer aux prêtres. »

Au moment des faits transcrits par saint Luc, ces lépreux devaient accomplir une démarche inscrite dans la Loi. Ils comprennent que le Seigneur ne les guérira que s’ils veulent accomplir cette Loi. Ils auraient pu refuser la démarche et ne rien faire avant d’avoir constaté qu’ils avaient obtenu ce qu’ils demandaient. Mais ils pouvaient ne pas avoir vraiment confiance en Jésus et en son pouvoir de guérison.

Cependant, ils accomplissent tous un acte de foi et de confiance et se mettent en route tous les dix. Miraculeusement, en chemin, sans exception, ils sont tous guéris. Mais un seul revient vers Jésus…

3. « Or, c’était un Samaritain. »

Ici, l’évangéliste met l’accent sur la reconnaissance de ce Samaritain et l'ingratitude des neuf autres : il y a une ligne de partage entre des juifs et cet « étranger ». On voit que, pour Jésus, cet homme est un homme qui a besoin d’être soigné, écouté, guéri. Il fait confiance, il ne doute pas : au fond de lui, il sait que Jésus va le guérir.

« C’était un Samaritain » : Jésus guérit tous les hommes qui le cherchent avec droiture, qu’ils soient juifs ou non. La foi soulève les montagnes ? (cf. Mt 21, 21) Ici, seul, ce lépreux samaritain croit pleinement au Christ. Il est habité par l’espérance et par la foi alors que l'ingratitude des neuf autres témoigne de la faiblesse humaine.

Cet homme est là, face contre terre, aux pieds de Jésus. Jésus le félicite et lui dit de se relever : «Ta foi t’a sauvé ! » C’est encore une mise en évidence de la vérité de la Parole du Christ disant à ses apôtres, à ses disciples tout comme à ses différents auditeurs, que les guérisons obtenues sont toujours le fruit de la foi : par exemple, l’hémorroïsse (cf. Mt 9, 22), la fille de Jaïre (cf. Mt 9, 23), l’aveugle-né (cf. Jn 9, 35-38), etc.

Nous voulons être guéris, « nous en sortir », et ce désir égoïste nous enferme sur nous-mêmes. Ici, le pape Benoît nous rappelle que la foi des dix lépreux ouvre la porte à leur guérison, celle du corps. Mais, pour l’un d’eux en particulier, celui qui revient remercier, c'est la « guérison de l'âme » que demande le Samaritain.

mardi 12 novembre 2019

Mardi 12 novembre, Lectures & Méditaiton du jour : "Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir"

Première lecture

« Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; mais ils sont dans la paix » (Sg 2, 23 – 3, 9)
Lecture du livre de la Sagesse

Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité,
il a fait de lui une image de sa propre identité.
    C’est par la jalousie du diable
que la mort est entrée dans le monde ;
ils en font l’expérience,
ceux qui prennent parti pour lui.
    Mais les âmes des justes sont dans la main de Dieu ;
aucun tourment n’a de prise sur eux.
    Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ;
leur départ est compris comme un malheur,
        et leur éloignement, comme une fin :
mais ils sont dans la paix.
    Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment,
mais l’espérance de l’immortalité les comblait.
    Après de faibles peines,
de grands bienfaits les attendent,
car Dieu les a mis à l’épreuve
et trouvés dignes de lui.
    Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ;
comme une offrande parfaite, il les accueille.
    Au temps de sa visite, ils resplendiront :
comme l’étincelle qui court sur la paille, ils avancent.
    Ils jugeront les nations, ils auront pouvoir sur les peuples,
et le Seigneur régnera sur eux pour les siècles.
    Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ;
ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui.
Pour ses amis, grâce et miséricorde :
il visitera ses élus.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 33 (34), 2-3, 16-17, 18-19)
R/ Je bénirai le Seigneur toujours et partout. (cf. Ps 33, 2)
Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !
Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.

Évangile

« Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir » (Lc 17, 7-10)
Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait :
    « Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
“Viens vite prendre place à table” ?
    Ne lui dira-t-il pas plutôt :
“Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ?
    Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
    De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
“Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir” »
            – Acclamons la Parole de Dieu. 

Réflexion

Abbé Jaume AYMAR i Ragolta
(Badalona, Barcelona, Espagne)
 
Aujourd'hui, l'Évangile n'attire pas notre attention sur l'attitude du maître, mais sur celle des serviteurs. Jésus invite ses apôtres, en utilisant l'exemple de cette parabole à considérer l'attitude du service: le serviteur doit obéir et faire son devoir sans attendre récompense: «Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres?» (Lc 17,9). Nonobstant, cette leçon n'est pas la dernière à ce sujet. Jésus dira plus tard à ses disciples: «Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître» (Jn 15,15). Les amis ne font pas les comptes. Si les serviteurs doivent obéir et faire leur devoir, d'autant plus les disciples de Jésus, ses amis, nous devons accomplir la mission que Dieu nous a confiée tout en sachant que notre travail ne mérite aucune récompense car nous l'exécutons joyeusement car tout ce que nous sommes et ce que nous avons est un don de Dieu.

Pour le chrétien tout est un signe, pour celui qui aime tout est un don. Travailler pour le Royaume de Dieu est notre récompense, et c'est pour cela que nous ne devons pas dire «Nous sommes des serviteurs quelconques: nous n'avons fait que notre devoir» (Lc 17,19) avec tristesse et à contrecœur mais nous devons le dire avec la joie de celui qui a été appelé à transmettre l'Évangile.

Ces jours-ci nous devons nous souvenir également de la fête d'un grand saint, d'un grand ami de Jésus qui est très populaire en Catalogne, saint Martin de Tours, qui consacra sa vie au service de l'Évangile du Christ. Sulpio Severo écrivit à son sujet: «Homme aux vertus ineffables, qui n'a pas été vaincu par la peine et ne pourrait être vaincu par la mort: il n'a pas voulu se laisser pencher d'aucun coté, ne craignant pas de mourir et ne refusant pas de vivre… Cependant les yeux et les mains toujours tendus vers le ciel, l'âme invincible, il priait sans relâche». Dans la prière, dans le dialogue avec l'Ami, nous trouvons effectivement, le secret et la force de notre service.